La millionième intervention traitée par Azurion

L'hôpital général d'Anvers (GZA) opérait le 18 novembre dernier, au niveau mondial, la millionième intervention avec la plateforme 'Philips Azurion' qui permet de suivre en temps réel sur écran à haute résolution différents types d'opérations endo-vasculaires. Il s'agissait ce jour-là d'un traitement pour un anévrisme de l'artère poplitée par introduction d'un stent via une mini-incision. Le JM Hospitals a pu en exclusivité assister à l'opération et converser avec le " patient 1.000.000 " et avec les explications en direct du chirurgien vasculaire, le Dr Benoît Thomas. Reportage.
Leader mondial des technologies de santé et en réponse aux préoccupations actuelles sur la gestion des coûts de santé, Royal Philips met au point des innovations intégrées, conçues pour améliorer la performance des radiologues tout au long du conti-nuum de santé. La multinationale explique vouloir " offrir des solutions complètes et simplifiées pour transformer l'imagerie médicale et relier les données et les informations pour un processus décisionnel clinique rapide et efficace ".
Dans l'arsenal figure Azurion, une plateforme thérapeutique dernière génération assistée par imagerie " qui permet aux médecins d'effectuer dans le confort une large gamme de procédures de routine et complexes, les aidant à optimiser les performances des laboratoires interventionnels et à prodiguer des soins de haute qualité ". Elle tourne sous ConnectOS, un nouveau système d'exploitation qui intègre des informations en temps réel pour aider le chirurgien.
Depuis deux ans, le campus de l'hôpital général d'Anvers (Wilrijk), dispose d'un Azurion et en a fait profiter un patient, que nous appellerons Luc et qui est le millionième à bénéficier de cette technique dans le monde.
Un patient confiant
A 78 ans, Luc habite la rive gauche d'Anvers. Il aime l'air de l'Escaut mais sa jambe droite ne le porte plus suffisamment pour profiter des balades le long des berges. La décision de se faire opérer a été d'autant plus facile que Luc n'a plus de famille. Il est très confiant, alors que nous bavardons avec lui juste avant qu'il passe " sur le billard ". Nous lui annonçons son " numéro de série " et il rigole de cette relative célébrité. Le chiffre le met cependant d'autant plus en confiance. La machine, et le chirurgien, ne peuvent qu'être bien rodés à l'exercice.
Avant de pénétrer dans la salle d'opération, vêtu de lourds manteaux de protection contre les radiations, on nous en dit plus sur cette technologie : " Au cours d'interventions de plus en plus complexes, les cliniciens doivent visualiser rapidement et facilement les éléments anatomiques critiques. Ils doivent se rendre compte en temps réel des changements qui surviennent chez le patient pendant l'intervention. " Azu-rion est donc associé au système " FlexArm " qui facilite la tâche du clinicien en matière d'imagerie 2D et 3D sur tout le corps du patient.
Une fois entré dans le saint des saints, nous pouvons nous en rendre compte. Luc est endormi comme dans un conte de Perrault et est totalement abandonné aux mains expertes du Dr Thomas, d'un assistant et de deux infirmières. De fait, lorsque le clinicien déplace le système, le faisceau d'image sur un écran dont la taille est proche d'une grande télé à écran plat, maintient automatiquement l'alignement avec le patient, ce qui permet une visualisation permanente de rester concentré sur le traitement comme dans un jeu vidéo. Nous apercevons le tibia, le péroné, le genou et pouvons suivre en direct sur l'écran les différentes étapes d'incision.
Sous-utilisation
Le Dr Kristiaan Deckers, médecin chef, recommanderait l'Azurion à d'autres directions hospitalières sans hésiter. Azurion est pour le moment limité pour la chirurgie vasculaire et la radiologie interventionnelle. " On le sous-utilise encore à mon avis. On pourrait faire encore d'autres choses avec cet appareil. Il a encore du potentiel. En l'intégrant mieux on pourrait l'utiliser davantage. C'est un bon rapport coût-efficacité concernant la qualité des soins. Il nous est indispensable en raison d'un centre oncologique important ici à Wilrijk. Cette sorte de technologie s'améliore de jour en jour. Difficile de revenir en arrière. " Les files d'attente sont limitées à une ou deux semaines. " Mais on doit sélectionner le patient qui en a vraiment besoin. Les chirurgiens vasculaires et le Dr Thomas définissent quelle indication nécessite l'appareil Azurion. Ce n'est pas pour toutes les opérations. " Faudrait-il déjà un deuxième appareil ? Le premier n'ayant pas deux ans, c'est dificile à dire, selon le Dr Deckers. " Nous n'avons pas de capacité suffisante pour un deuxième. l'hôpital ZNA va rentrer dans notre réseau et là les capacités sont suffisantes mais on verra en fonction de l'évolution des indications... "
Les prochaines années, les possibilités qu'offre la plateforme Azurion ne vont faire qu'augmenter.
" De plus en plus d'interventions et des interventions de plus en plus complexes sont réalisées de façon mini-invasive sous imagerie. Les prochaines années, les possibilités qu'offre la plateforme Azurion ne vont faire qu'augmenter ", indique Ernst Wodrada, Head of Image Guided Therapy chez Philips Benelux. " La force de la plateforme ouverte Azurion est qu'elle rassemble de façon intuitive les données des clichés, les données fonctionnelles et les données des dispositifs médicaux autour du médecin et de l'équipe. Nous pouvons ainsi continuer à innover dans les interventions sous imagerie et les interventions vasculaires mini-in-vasives. Pour le patient, cela signifie un risque plus faible et une diminution de la durée de séjour à l'hôpital, ce qui résulte aussi en un coût plus faible pour le système de soins. "
4 questions au Dr Benoit Thomas
Quel est votre sentiment par rapport à ce millionième ?
Je suis fier d'avoir réalisé la millionième procédure avec Azurion, la plateforme qui nous a aidés à améliorer le processus de travail en salle d'opération et à faciliter le travail de nos collaborateurs.
Quel confort vous apporte Azurion par rapport à la situation antérieure ?
Il y a un monde de différence, tant au niveau de la qualité de l'imagerie (un plus grand champ et plus de détails), qu'au niveau de l'ergonomie.
En outre, grâce à cet appareil, l'infirmière peut faire les réglages elle-même.
Elle peut s'occuper du patient au lieu de simplement faire fonctionner l'appareil....
Un grand avantage d'Azurion est que nous pouvons utiliser les scanners qui sont réalisés pendant la mise au point, également durant l'opération. Ensuite, la quantité d'irradiation est plus faible, ce qui est bon pour le patient et l'équipe médicale. La qualité des clichés est meilleure et la procédure dure moins longtemps du fait que nous avons une console pour la plateforme à la table d'opération.
Comment sélectionnez-vous les patients qui nécessitent cette technologie ?
Tous les patients chez qui nous utilisons une scopie entrent en considération pour cette technologie.
La trouvez-vous complexe à utiliser ?
La machine est très intuitive. La commande est vraiment au bout de nos doigts grâce à des boutons très ergonomiques. En plus, les étapes à suivre pour certaines procédures sont mentionnées simplement sur grand écran.
La recommanderiez-vous à vos confrères de la région ?
Très certainement !
Comment s'est passée la formation à cette technique ?
Notre contrat inclut de nombreuses heures de formation. Lors de la mise en service, un formateur vient sur place et il reste avec chaque médecin séparément pendant plusieurs jours. Après quelques semaines, des journées de suivi sont planifiées. Par ailleurs, les formateurs restent toujours disponibles par téléphone en cas de questions et viennent sur place sur rendez-vous en cas de procédures plus complexes ou plus rares.