La pandémie a boosté le télétravail dans le secteur hospitalier

Comment les travailleurs non-soignants du secteur hospitalier ont-ils vécu la crise sanitaire? De quelle façon leurs activités ont-t-elle été affectées par la pandémie? Quelles solutions les hôpitaux ont-ils utilisées pour faire face à cette situation inédite? 849 professionnels ont répondu à notre grande enquête sur les conditions de travail durant le Covid, réalisée en collaboration avec ZORGI, spécialiste des solutions informatiques pour les hôpitaux. Constat encourageant: neuf travailleurs sur dix estiment que leur hôpital a "assez" (59%) ou "très bien" (33%) géré la crise jusqu'à présent.
25.000 travailleurs du secteur hospitalier exercent un métier non-médical (achats, facturation, communication...) ou travaillent dans un service support (pharmacie, laboratoire...) Durant la pandémie, la presse générale ne leur a pas donné souvent la parole, préférant interroger les médecins et soignants en charge des patients Covid. JM-Hospitals a voulu évaluer l'impact de la crise sanitaire sur le personnel non-soignant des hôpitaux.
Notre enquête révèle d'abord que seulement un quart des répondants travaille dans le secteur hospitalier "par hasard". 34% des répondants ont choisi de façon délibérée d'exercer leur profession dans le secteur des soins de santé, 27% par volonté d'avoir un métier "qui a du sens" et 9% pour trouver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle.
Plus de stress et de travail
Dans quelle mesure la crise sanitaire a-t-elle affecté ces travailleurs? Près de huit répondants sur dix estiment que la charge de travail de leur département a augmenté et qu'ils ont l'impression de contribuer à la lutte contre le Covid. 62% des travailleurs ressentent plus de stress professionnel. Un travailleur sur deux (53%) trouvent que durant la crise son département a pu travailler comme avant le mois de mars 2020. Pour 55% des répondants, les relations avec leurs collègues ne se sont pas améliorées durant la crise. Et 73% estiment que le contenu de leur travail n'est pas devenu plus attractif.
Quant à l'équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle, seulement un tiers des travailleurs hospitaliers estiment qu'elle est meilleure qu'avant la crise. Les néerlandophones sont plus nombreux à faire ce constat que les francophones (44% vs 23%). On ne s'étonnera pas que les professionnels qui télétravaillent sont plus nombreux que ceux qui ne télétravaillent pas à trouver que cet équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle s'est améliorée durant la crise.
Quatre répondants sur dix déclarent avoir eu peur d'être infectés par le virus durant leurs heures de travail, les néerlandophones moins que les francophones (32% vs 46%).
Plus globalement, neuf travailleurs sur dix estiment que leur hôpital a "assez bien" (59%) ou très bien (33%) géré la crise jusqu'à présent et que leur département a "assez bien" ou "très bien" fonctionné. Et de pointer, par ordre décroissant, les raisons des problèmes qui sont survenus: le manque de communication, les problèmes technologiques et les problèmes de gouvernance. Un tiers des répondants considèrent qu'il n'y a pas eu de problèmes majeurs dans leur institution.
Télétravail
Quatre travailleurs hospitaliers non soignants sur dix ont pu travailler un ou plusieurs jours chez eux durant la pandémie. 7% le faisaient déjà avant le mois de mars 2020 et 10% n'ont pu le faire qu'au début du confinement. Le nombre de jours de télétravail autorisés varie fortement (voir graphique). Les néerlandophones ont pu davantage télétravailler que les francophones (52% vs 33%).
Six répondants sur dix précisent que la politique de télétravail post-Covid a déjà été fixée dans leur institution et qu'ils pourront encore travailler de chez eux après la crise sanitaire. 38% ne savent pas encore s'ils pourront travailler à domicile après le Covid. La majorité (87%) de ceux qui télétravaillaient déjà avant la pandémie estiment qu'ils pourront garder ce mode de fonctionnement après.
Pourquoi certains employés du secteur hospitalier n'ont-ils pas pu travailler de chez eux durant la pandémie? La majorité d'entre eux (70%) expliquent qu'il n'est pas techniquement possible d'exécuter leur travail à distance. Pour 12%, leur superviseur leur a tout simplement interdit. C'est un choix personnel chez 5% des répondants qui préfèrent se rendre dans leur institution.
Accélération de la numérisation
Pour plus de six répondants sur dix, la crise a accéléré la digitalisation des processus et amené à utiliser de nouvelles technologies et solutions informatiques. Ce ressenti est plus fort au nord du pays (70%) qu'au sud (56%). On ne s'étonnera pas de constater que c'est principalement la possibilité de se réunir virtuellement qui a explosé durant la pandémie. 65% des répondants le font depuis mars 2020, seulement 23% ne le font pas et 7% le faisait déjà avant.
Depuis la crise, plusieurs nouvelles technologies et applications ont été mises en place dans certaines institutions (voir graphique): une plateforme numérique pour faciliter la communication entre les services au sein de l'institution, un système digital d'inscription pour les visiteurs, une interface pour permettre aux patients de s'inscrire en ligne et la mise à disposition numérique des factures pour les patients. Les résultats révèlent des différences entre les hôpitaux du nord et sud. Ces derniers sont moins nombreux à utiliser ces nouvelles technologies.
Méthodologie
Cette enquête en ligne a été proposée durant les mois de juin et juillet aux lecteurs de JM-Hospitals et aux travailleurs d'une trentaine d'hôpitaux belges qui l'ont relayée. 849 personnes ont répondu à notre enquête, dont 75% de femmes et 25% d'hommes. La grande majorité (92%) des participants exercent un métier non-médical dans le secteur hospitalier ou travaillent dans un service support (pharmacie, labo).


