" Nous avons cinq ans d'avance sur les autres réseaux "

Depuis 2015 déjà, une étroite collaboration existe entre le Groupe santé CHC, le St. Nikolaus-Hospital d'Eupen et la Klinik St. Josef de Saint-Vith. En 2020, les trois institutions ont signé un accord créant le réseau de santé Move. Deux ans plus tard, après avoir surmonté la crise sanitaire, le réseau tire un premier bilan de ce partenariat et lance officiellement le réseau Move.
En 2015, la Communauté germanophone a cherché à se rapprocher d'un grand hôpital où des opérations et traitements très spécialisés pouvaient être réalisés pour ses hôpitaux d'Eupen et de St-Vith. C'est le Groupe santé CHC qui a alors été choisi comme partenaire. Depuis, les parties ont appris à se connaître et ont mené des projets ensemble.
Dans les documents préparatoires à l'introduction de la loi sur les réseaux hospitaliers, la coopération entre les hôpitaux d'Eupen, de St-Vith et le Groupe santé CHC a même été citée en exemple. " Nous nous y connaissons en réseau ", se targue René Thissen, président du Groupe santé liégeois. " Nous avons déjà été pionniers en la matière en rassemblant six hôpitaux en un en 2001. Nous avons appris à nous connaître, à travailler ensemble. On a vu le temps qu'il fallait pour s'adapter. On a surtout prouvé que cela peut fonctionner. "
Un choix guidé par des valeurs
Lorsque la loi sur les réseaux hospitaliers est entrée en vigueur en 2020, les trois institutions partenaires étaient donc prédestinées à former un réseau. Des organes où les partenaires étaient représentés sur un pied d'égalité, comme les collèges des directeurs généraux et des directeurs médicaux, avaient déjà été mis en place pour prendre les décisions relatives à la gestion quotidienne du réseau Move. " Cela fait sept ans que le réseau travaille ensemble. Nous avons un pas d'avance sur les autres réseaux puisque tout le travail d'appropriation, de compréhension, de reconnaissance mutuelle a déjà été réalisé. Il doit évidemment être poursuivi, continué tous les jours par tous les acteurs, mais nous avons cinq ans d'avance sur tous les autres réseaux ", déclare Xavier Drion, président du réseau Move et administrateur délégué du Groupe santé CHC. " Nous travaillons ensemble par choix, un choix qui n'est pas du tout politique, mais qui a été guidé par des valeurs qui sont communes. "
Une plus-value pour tous
Les exemples de collaborations sont faciles à trouver. Citons par exemple le programme Impact qui vise à partager et gérer les dossiers patients de façon électronique ou le regroupement administratif des laboratoires des trois institutions. En outre, crise sanitaire oblige, le réseau a développé la télémédecine. Les médecins et infirmiers des hôpitaux de proximité peuvent d'ores et déjà consulter à distance les médecins spécialisés du MontLégia lors d'interventions ou de l'évaluation de transferts. "Nous avons commencé très tôt à établir des relations et des coopérations entre nos institutions. Cela porte aujourd'hui ses fruits", souligne Claudia Niessen, vice-présidente du réseau Move et présidente du St. Nikolaus-Hospital. " Cela garantit tant l'ancrage local pour les patients, que la prise en charge plus spécialisée par un centre de référence - le MontLégia - ce qui constitue une sécurité dans notre dos. "
" Ces collaborations sont un avantage tout d'abord pour la population ", confirme Xavier Drion. " L'offre de service s'est étoffée, grâce à un réseau qui compte plus de 7.000 collaborateurs, des outils de haute technologie mais aussi le maintien d'une offre de soins de proximité. Côté hospitalier ensuite, le pool de personnel s'est évidemment agrandi, ce qui est une bonne chose. "
Paré pour l'avenir
Pour les mois et années à venir, le réseau Move s'est justement fixé comme objectif d'asseoir sa présence dans son bassin de soins pour offrir à l'ensemble de la population un accès à des soins de qualité au plus proche de son lieu de vie, et ce tout en développant, à travers des projets pilotes et des partenariats, des soins hautement spécialisés.
"Nous voulons être un partenaire de premier choix pour la population de notre bassin de soins. Nous voulons aussi être, pour nos collaborateurs, un partenaire à taille humaine et tourné vers l'excellence, chez qui il est agréable de travailler et qui encourage le développement personnel tout au long de sa carrière", conclut Joseph Backes, vice-président du réseau Move et président de la Klinik St. Josef.
Un réseau bilingue
Depuis la fermeture temporaire de la maternité d'Eupen, en septembre dernier, les patientes germanophones n'ont plus le luxe d'être prises en charge dans leur langue en Belgique. D'aucunes se tournent donc vers l'Allemagne et Aix-la-Chapelle pour donner naissance. Car si la Clinique du CHC Heusy (Verviers) accueille davantage de monde, et que des gynécologues se rendent sur les sites germanophones pour le suivi de la prise en charge, les patientes germanophones préfèrent être prises en charge dans leur langue.
" La langue a été un point d'attention immédiat tant au sein du Groupe CHC qu'au sein des hôpitaux germanophones ", commente Xavier Drion. " Nous avons développé une série d'outils qui permettent des traductions immédiates. Des brochures ont été traduites, les trajets de soins également. Au sein des hôpitaux, nous avons également des collaborateurs qui pratiquent les deux langues. Ils ont été recensés pour y faire appel en cas de besoin ou simplement pour le confort d'être pris en charge dans sa langue. "
Le cas du Chram
Le réseau Move ne s'est pas créé sans heurts. " Effectivement, il y a eu des discussions avec le CHR de Verviers et le Centre hospitalier Reine Astrid de Malmedy (Chram), avec des décisions politiques qui sont tombées et qui organisent les réseaux tels que nous les connaissons aujourd'hui ", reconnaît Xavier Drion. " Vous savez que la décision du Chram est contestée devant le Conseil d'État. Nous attend sa décision. Nous visons la cohérence du paysage géographique, Malmedy étant positionné logiquement dans le réseau Move. De plus, nous connaissons les intentions des gestionnaires de l'hôpital (étant entendu : favorables, ndlr) mais la politique est venue mettre son grain de sel dans le projet si je puis dire. En fonction de la décision du Conseil d'État, la situation du réseau Move peut évidemment être amenée à évoluer. Nous nous réjouirions de pouvoir aller dans le sens de la cohérence. "