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La durabilité, un enjeu de taille

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La santé est un secteur consommateur d'énergie. En Belgique, aucun chiffre n'est réellement disponible pour quantifier la part de consommation des institutions hospitalières. Mais le secteur doit contribuer à l'effort écologique. C'est d'ailleurs dans les plans gouvernementaux puisque le pays a promis une santé zéro carbone d'ici 2050. Mais avons-nous les moyens de nos ambitions?

26 octobre 2023

Cela semble compliqué. D'autant plus dans un contexte où l'efficience est le maître mot. Même animé des meilleures volontés du monde, le manager hospitalier ne peut faire qu'avec les moyens dont il dispose. Et ces moyens diminuent d'année en année. D'autant que le secteur n'est pas aidé par la politique, qui, des années durant, a agi tel un mauvais médecin et a complètement oublié la prévention. Il a fallu attendre une crise planétaire en 2020 pour voir les mentalités évoluer.

Malheureusement, la Belgique, comme l'Europe, est aujourd'hui dépendante de tous ses voisins, n'a aucune matière première ou presque, et ne peut que s'en remettre à un dicton vieux de 1973 que l'on tient (erronément d'ailleurs) de Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre français des Finances: "On n'a pas de pétrole, mais on a des idées." Reste qu'il est temps de prouver, effectivement, qu'en Belgique, on a les idées. Notre système de santé a payé un lourd tribu avec la pandémie de covid-19. Il est grand temps d'en retenir les leçons, en s'inspirant des concepts du One Health et de santé planétaire.

En attendant, les institutions, elles, ne restent pas les bras ballants. La preuve avec les nombreuses initiatives qui pointent le bout de leur nez aux quatre coins du pays. L'exemple des anesthésistes est frappant. Le Pr Alain Kalmar (UGent) a longuement étudié les effets nocifs des gaz anesthésiques volatils sur l'environnement (lire pages 22-23). Qu'une anesthésie puisse être davantage nocive pour l'environnement que l'opération elle-même ne vient pas à l'esprit de tout le monde. Et pourtant, il s'agit d'un secteur éminemment polluant. L'anesthésiste qui officie à l'hôpital Sint-Jan à Bruges a calculé que 2.000 heures d'anesthésie (environ une année de pratique) peuvent, dans les cas les plus défavorables, polluer davantage que 1.000 vols allers-retours vers Le Cap en Afrique du Sud. Édifiant.

Heureusement, les anesthésistes en sont aujourd'hui conscients et apportent des solutions. Des solutions chiffrées, qui promettent, pour un hôpital qui se passe de sevoflurane (agent anesthésique volatile) en faveur de l'anesthésie intraveineuse totale (AIVT) au propofol, de diminuer par 20 les émissions de CO? et par trois le coût des procédures. Un argument de taille qui devrait inciter les hôpitaux à se mettre au pas. Et à répéter ce type de calcul pour d'autres spécialités.

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