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"Le projet PILOTE permettra à Vivalia de se mettre en ordre de marche"

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Le JM Hospitals est allé à la rencontre de Pascal Mertens, directeur général de Vivalia, et du Dr Alexandre Hébert, directeur général aux affaires médicales, pour aborder la situation du groupe santé, entre le parcours semé d'embûches pour Vivalia 2025 et les projets pour 2024.

22 février 2024

Vivalia 2025, c'est l'Arlésienne du groupe santé luxembourgeois. Mais cette fois-ci, le projet semble lancé. "L'octroi du permis en juillet 2023 est un moment clé", confirme le Dr Alexandre Hébert. "Le recours en annulation de la Ville d'Arlon, introduit en septembre 2023, ne vient pas contrecarrer les plans. Il s'agit plutôt d'une manoeuvre pour obtenir des compensations pour la Ville", ajoute Pascal Mertens. "Nous attendons désormais le feu vert du gouvernement wallon pour poser la première pierre de l'hôpital à Habay-Houdemont. Cela devrait intervenir d'ici la fin du premier trimestre 2024. Nous sommes optimistes pour deux raisons: nous savons que c'est un très bon projet, il a été reconnu comme prioritaire déjà lors du calendrier précédent. Et la Région nous a octroyé le permis d'urbanisme. Les travaux devraient donc commencer en 2024, et les travaux se termineront en 2028."

Pour l'homme fort de Vivalia, 2023 a permis de replacer l'institution sur la carte des soins de santé du pays. "Nous avons un réseau à la fois étendu, peu densément peuplé et éloigné des grandes villes. Nous devons donc redoubler de dynamisme, d'inventivité pour être attractifs, pour donner de la crédibilité à notre projet." Alexandre Hébert confirme. "Le projet Vivalia 2025 est novateur et fédérateur. Il fait sens et crée du lien, de la cohésion, désormais, au sein des équipes médicales de l'institution qui se retrouvent derrière le projet qui ne se concentre pas que sur le CHR à venir à Habay-Houdemont, mais sur d'autres projets, dont cinq centres de santé de proximité. C'est un redéploiement de l'activité hospitalière."

Pascal Mertens (photo de gauche): "Il y a un an, il y avait énormément de doutes. Aujourd'hui, tous les conseils médicaux soutiennent le projet, qui fait quasiment l'unanimité."
Pascal Mertens (photo de gauche): "Il y a un an, il y avait énormément de doutes. Aujourd'hui, tous les conseils médicaux soutiennent le projet, qui fait quasiment l'unanimité."

Projet PILOTE

Pascal Mertens, arrivé il y a un peu plus d'un an, et Alexandre Hébert, arrivé il y a quelques mois à peine, sont encore nouveaux dans l'institution. "Le premier objectif de mon mandat, lorsque je suis arrivé, était d'adapter la structure", confie Pascal Mertens. "Vivalia a été constituée en 2009, et avait gardé une structure assez...historique sur son mode de management et son organisation. En février 2023, nous avons proposé un nouvel organigramme. Vivalia est désormais organisée en quatre pôles (hospitalier, extrahospitalier, opérationnel et corporate services). C'est une structure plus cohérente, où les responsables de pôles se retrouvent au sein d'un comité exécutif, une sorte de quartier des officiers, où l'on prend les grandes décisions opérationnelles."

Pour accomplir ses objectifs, Vivalia mise sur cn plan stratégique baptisé PILOTE (pour patient, innovation, lien, organisation, talent et environnement). "C'est une fierté car c'est fait maison par le comité exécutif. Derrière ces six mots clés, il y a six thématiques qui vont être déclinées dans les départements des quatre pôles. Cela permet de mettre la maison Vivalia en ordre de marche. Car 3.750 salariés et plus de 400 médecins indépendants, c'est un fameux paquebot à faire bouger."

"Cela fixe les axes stratégiques, des objectifs sur plusieurs années et, in fine, un cadre, une culture d'entreprise. Cela va permettre de souder l'ensemble des équipes sur un mode participatif", ajoute Alexandre Hébert. "C'est une vision multidisciplinaire qui doit percoler partout au sein de l'institution. Ce sont des termes forts. Si je prends l'innovation, par exemple, c'est une nécessité pour Vivalia qui est située dans un bassin de soins particulier. Nous avons besoin de développer la télémédecine, l'IA, l'hospitalisation à domicile pour faciliter le travail de nos soignants et soulager le pan administratif."

Alexandre Hébert (à droite): "En termes de dimensionnement d'équipes, le fait d'être sur plusieurs sites hospitaliers nous pose certaines difficultés, notamment pour assurer la continuité avec un nombre restreint de médecins au sein d'un même service."
Alexandre Hébert (à droite): "En termes de dimensionnement d'équipes, le fait d'être sur plusieurs sites hospitaliers nous pose certaines difficultés, notamment pour assurer la continuité avec un nombre restreint de médecins au sein d'un même service."

Pénurie maîtrisée

Le plan stratégique entend, bien évidemment, s'attaquer à la pénurie qui touche particulièrement la province de Luxembourg, qui souffre de sa proximité avec le Grand-Duché. "Au niveau des soignants, la situation évolue positivement", assure pourtant Pascal Mertens. "En 2022, nous avons recruté 169 soignants. Nous avons dépassé les 200 engagements en 2023. L'essentiel du recrutement se fait au sud de la province car la problématique de la pénurie y est plus sensible. Le nord de la province, grâce à la proximité de Liège et Namur, a moins souffert." La crise en France profite également à l'institution. "Nous bénéficions de l'arrivée de soignants français car ils gagnent un bon salaire brut en Belgique et ils sont (moins) taxés en résidant en France. La situation des hôpitaux publics étant catastrophique en France, nous récupérons certains soignants."

Côté médical, Vivalia est à l'équilibre. "Il y a une petite variabilité entre les sites hospitaliers mais globalement, au niveau du corps médical, on compte autant de départs que d'arrivées sur 2023", confirme Alexandre Hébert. "Par contre, il y a des points d'attention sur certains secteurs. En termes de dimensionnement d'équipes, le fait d'être sur plusieurs sites hospitaliers nous pose certaines difficultés, notamment pour assurer la continuité avec un nombre restreint de médecins au sein d'un même service. Sur certaines spécialités comme la médecine d'urgence, c'est vraiment critique. Sur d'autres, on est plus à l'aise. En chirurgie par exemple, nous conservons une certaine attractivité. On ne reste pas sans rien faire, on structure, par le biais d'un règlement général médical commun par exemple, on organise des spécialités en associations, ce qui permet de mettre des procédures en place et de favoriser le travail en commun, de se rapprocher. Les urologues vont par exemple s'organiser au niveau de la province pour la garde. Ils montrent l'exemple, d'autres suivront. La transversalité se met en place sur le terrain. C'est très positif, il faut entretenir cela et garder cet enthousiasme."

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