5 euros pour un certificat médical de complaisance
Il serait possible de se procurer des certificats médicaux bidons pour la somme de cinq euros, a révélé jeudi la RTBF sur les ondes de La Première. Une journaliste du service public s'est rendue chez un médecin généraliste de Laeken en prétextant qu'il lui avait été recommandé par une de ses copines. Après une consultation de deux minutes et avoir payé 5 euros, elle est sortie du cabinet avec un certificat médical et trois jours de congé maladie.
Cette pratique est évidemment illégale, mais apparemment bien réelle, a dénoncé la RTBF. Les noms des médecins s'adonnant à cette fraude sociale circuleraient même dans les écoles de Bruxelles.
La journaliste s'est rendue chez un médecin de Laeken, qui lui avait été recommandé par ses sources comme étant fournisseur de certificats bidons. Troisième dans la file de la salle d'attente complètement insalubre et jonchée de déchets, elle n'aura dû attendre que 6 minutes pour être reçue par le médecin faussaire pourtant détenteur d'un numéro d'inami et enregistré à l'ordre des médecins.
Deux minutes plus tard, elle est sortie avec un certificat maladie de trois jours avec autorisation de sortie. Le tout lui aura coûté la modique somme de cinq euros. A sa sortie, deux autres "patients" attendaient.
Les réactions à ce reportage ne se sont pas faites attendre. La ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, contactée par Belga, s'est dite offusquée par cette affaire. Elle saisira les autorités judiciaires et examinera s'il est possible d'améliorer la législation et d'intensifier les contrôles. D'autre part, elle s'est déclarée peinée par rapport à la mauvaise image que cette affaire risque de renvoyer de la profession de médecin généraliste.
L'ordre des médecins, également contacté par Begla, refuse toute déclaration.
L'Absym (association Belge des syndicats médicaux) réagissait jeudi matin sur les ondes du service public en qualifiant l'affaire de manquement à l'éthique de la profession mais soulignait son caractère rarissime sans pour autant la minimiser. "Si ce phénomène existe, il ne doit pas mettre en doute la conscience professionnelle des médecins et du corps médical qui sont mobilisés pour être très scrupuleux quand il s'agit de donner un certificat médical", ajoutait le docteur Lemye vice-président de l'Absym sur les ondes de la RTBF.