un million d'euros d'indemnités pour un médecin palestinien emprisonné en Libye
Un tribunal néerlandais a accordé le versement d'un million d'euros de dommages et intérêts à un médecin emprisonné en Libye avec cinq infirmières bulgares sous l'accusation d'avoir inoculé le virus du sida à des enfants, a annoncé mardi son avocate.
"Un tribunal civil néerlandais a accordé à mon client, un médecin palestinien, un million d'euros pour des accusations de tortures et de mauvais traitement durant sa détention en libye", a déclaré son avocate Liesbeth Zegveld.
Achraf Joumma Hajouj, un médecin bulgare d'orginien palestinienne, avait assigné le 27 juillet 2011 douze fonctionnaires libyens devant le tribunal civil de La Haye qui a rendu sa décision le 21 mars.
Aucun des douze fonctionnaires libyens ne s'était présenté devant le tribunal. "Nous n'avons aucune idée de l'endroit où ils se trouvent", a reconnu l'avocate.
"Je pense que comme ces fonctionnaires travaillaient pour l'Etat, le gouvernement libyen devrait payer ces dommages et intérêts", a-t-elle indiqué: "les gouvernements peuvent changer mais ils restent responsables".
M. Hajouj, âgé de 41 ans et qui vit aux Pays-Bas, avait été condamné à mort avec cinq infirmières bulgares en 1999 en Libye où ils étaient accusés d'avoir inoculé le virus du sida à des centaines d'enfants dans un hôpital de Benghazi, ce qu'ils contestaient.
Sous la pression internationale, leur peine avait été commuée en prison à vie, ouvrant la voie à une extradition. Libérés en 2007, les soignants, ramenés en Bulgarie dans l'avion présidentiel français par l'ex-épouse du président Nicolas Sarkozy, Cécilia, avaient été graciés par le président bulgare.