Médecine du travail : la rentabilité plutôt que l'efficacité ?
Réagissant aux propos du Pr De Brouwer (ULB) - qui estimait le mois passé, dans les colonnes du Jdm, que la médecine du travail est condamnée à moyen terme faute d'attractivité -, cinq médecins " de terrain " confirment la déresponsabilisation de leur profession.
Pour l'expliquer, les cinq médecins pointent entre autres la dérive mercantile des services externes de prévention et protection des travailleurs (SEPP), où " il semble bien que le souci de rentabilité ait pris le pas sur la finalité de la mission ". Travaillant eux-mêmes au sein d'un SEPP, ils déplorent " la perte de contrôle sur le contenu de [leur] travail ", avant d'ajouter avoir l'impression de se voir réduits à l'état de " simples exécutants, de préférence muets, de décisions qui [leur] échappent de plus en plus ". Au risque de voir certaines de leurs tâches récupérées par les infirmiers du secteur ? L'Association francophone des infirmiers de santé au travail en Belgique (Afisteb) dément vouloir empiéter sur les plates-bandes médicales, mais estime que face à la pénurie de médecins, un remaniement du secteur - passant e.a. par la reconnaissance de leur spécialité - est nécessaire.