Enfin de l'ordre dans les 300 salles de fitness wallonnes
Les premiers labels ADEPS encadrant les salles de fitness, un sport non organisé en fédération mais pratiqué par quelque 250.000 personnes à Bruxelles et en Wallonie, devraient être attribués début 2013, a annoncé mardi le ministre des Sports André Antoine.
Le "marché de la forme" échappe actuellement largement au contrôle des pouvoirs publics, discriminant les sports organisés en fédération et contrôlés au niveau du dopage. Cette carence avait été relevée récemment par le Conseil d'État.
L'Union européenne, quant à elle, s'apprête en mai prochain à réglementer ce que d'aucuns qualifient de "dopage récréatif", pour les amateurs qui recourent à des produits illicites ou dangereux.
La demande des amateurs souhaitant se défouler une heure lors de leur journée de travail, ou celle des sportifs plus aguerris ne fait que croître, sans pour autant qu'ils connaissent les lieux les plus adaptés.
Dans ce domaine, "le meilleur côtoie le moyen et le mauvais", a relevé André Antoine (cdH), qui présentait à la presse un projet de décret en la matière, dans un centre sportif à Limelette (Brabant wallon).
Début 2013, les quelque 300 salles de fitness wallonnes et bruxelloises devraient pouvoir solliciter un label de l'ADEPS portant sur cinq ans, pour autant qu'elles répondent à de multiples critères de qualité.
Personnel suffisant et formé, gestion efficace, équipement de sécurité et d'un défibrillateur cardiaque (DEA, subventionné à 75 pc), organisation d'une journée portes ouvertes, règlement d'ordre intérieur adéquat, sensibilisation aux risques des compléments alimentaires, tarifs d'abonnement conformes aux pratiques du marché, etc, constituent autant de conditions pour jouir du label ADEPS, l'un des mieux reconnus en Fédération Wallonie-Bruxelles, selon une étude de marque.
Au moins une fois par an, un bilan sportif devra être réalisé pour le client. Le fitness ne sera pas recommandé non plus aux jeunes de moins de 12 ans (sauf exception) "pour protéger le mineur d'âge d'une image athlétique qu'il se forcerait à acquérir alors que sa croissance n'est pas finie", selon M. Antoine.
La Fédération Wallonie-Bruxelles subventionnera la formation initiale et continuée des moniteurs, la promotion des salles labellisées, les journées portes ouvertes et assurera les contrôles anti-dopage, grâce au recrutement de médecins vacataires.
Le sportif non affilié soupçonné de dopage verra son dossier renvoyé devant une Commission de lutte contre le dopage, créée ou mandatée par l'exploitant de la salle de fitness, seul ou en association avec d'autres exploitants ou fédérations sportives.
L
'idée est d'étendre la compétence de la Commission interfédérale en matière de dopage créée par l'association interfédérale du sport francophone (AISF) aux salles de fitness labellisées. Si le cas de dopage est avéré, le sportif se verra interdire l'accès aux salles labellisées pendant une durée fixée.
Le ministre Antoine n'exclut pas l'idée d'obliger les salles de fitness à respecter les conditions de labellisation, allant dès lors plus loin que le décret, qui prévoit une sollicitation du label sur demande des exploitants de salle. Mais une telle compétence, liée à l'installation du commerce, ressortit au fédéral. L'ambition du décret est donc aussi d'initier progressivement la création d'une fédération du fitness.