Forte hausse des dépenses
L'Inami constate en matière de thérapie anti-sida une très nette augmentation des dépenses entre 2006 et 2010 (de 39,5 à 71,6 millions d'euros, soit une augmentation annuelle moyenne de 16%). Il s'agit rincipalement des associations fixes telles que Atripla ®, Truvada ® et des inhibiteurs de la protéase. Les dépenses croissent nettement plus parmi les hommes. Sans surprise, les internistes sont à l'origine deux tiers des dépenses en volume.
Pour rappel, la majorité des antirétroviraux mis sur le marché en Belgique freinent le mécanisme par lequel l'ARN viral se réplique en utilisant l'ADN de la cellule humaine. L'Inami répertorie cinq grandes classes de médicaments : les inhibiteurs nucléosidiques/nucléotidiques de la transcriptase inverse, les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse et les inhibiteurs de la protéase. S'ajoutent à la panoplie les inhibiteurs de fusion et d'entrée et les inhibiteurs de l'intégrase.
Etant donné leur coût et la gravité du sida, tous ces médicaments sont sous chapitre IV.
L'Inami s'est penché sur l'évolution des dépenses pour ces médicament entre 2006 et 2010 tant en ambulatoire qu'en hôpital. " Les fournitures à l'hôpital représentant 18 % du coût total et 18 % du volume total (en DDD) en 2010 ", pointe d'emblée l'Inami qui constate " une très nette augmentation des dépenses (de 39,5 en 2006 à 71,6 millions euros en 2010, soit une augmentation annuelle moyenne de 16%), principalement pour les associations fixes telles que Atripla ® (trois antirétroviraux de classes différentes), Truvada ® (deux antirétroviraux de classes différentes) et les inhibiteurs de protéase ".
Cette forte augmentation peut s'expliquer, explique l'Inami, par "un nombre croissant d'antirétroviraux utilisés par patient traité et une hausse du coût moyen par DDD. Le volume (en DDD) augmente moins rapidement. Une augmentation annuelle moyenne de 9%, soit de 3,4 mio DDD en 2006 à 4,7 mio DDD en 2010 ".
Le nombre de patients traités contre le sida est en augmentation. " En 2010, quelque 7.500 bénéficiaires ont été remboursés par l'assurance obligatoire, contre 5.000 environ en 2004. 61% des bénéficiaires sont des hommes. La plupart des bénéficiaires se situent dans la catégorie d'âge entre 31 et 60 ans. " Dans cette catégorie d'âge, les patients déjà très affaiblis utilisent 6% de médicaments en plus (exprimé en DDD).
" En particulier, ce sont les patients atteints du sida de sexe masculin qui sont entièrement responsables du surplus moyen de consommation (+ 12 %) ; chez les patientes atteintes du sida et de sexe féminin, leur consommation annuelle moyenne concorde avec celle de l'ensemble de la population belge. "
Parmi les hommes atteints du sida, détaille l'Inami, " il y a une consommation accrue de médicaments appartenant aux classes G (système urogénital et hormones sexuelles), L (cytostatiques et agents immunomodulateurs) et N (système nerveux central) ". Chez les patientes atteintes du sida, l'utilisation dans ces classes est réduite d'un quart voire même de plus de la moitié.
Dans les autres classes en revanche, " la consommation moyenne n'est pas plus élevée pour les deux sexes et est même moins élevée pour les classes R (système respiratoire) et M (système squelettique et musculaire) ".
Logiquement, ce sont les médecins spécialistes en médecine interne (65,1%) qui prescrivent le plus de médicaments sida suivis par les MG (25,3%) et loin derrière les pédiatres et les oncologues (chacun responsable de 2,3% des dépenses en volume).