Le Médiator et les laboratoires Servier sur le banc des accusés
Un an et demi après l'éclatement du scandale Mediator, un médicament accusé d'avoir tué 500 à 2.000 patients, le premier procès pénal visant les laboratoires Servier s'est ouvert lundi en France, en présence du patron du groupe pharmaceutique Jacques Servier. Plus de 350 personnes demandent réparation à Jacques Servier et aux laboratoires éponymes dont il est le fondateur, devant le tribunal correctionnel de Nanterre, saisi de plusieurs citations directes pour des faits de "tromperie aggravée".
Parallèlement, à Paris, trois juges d'instruction enquêtent sur des faits de "tromperie aggravée", "escroquerie" et "homicides involontaires". Jacques Servier et son groupe ont été mis en examen (inculpés) le 23 septembre pour "tromperie aggravée" et "escroquerie" dans le volet instruit à Paris.
Les plaignants reprochent à Servier de les avoir "délibérément" trompés sur la composition du Mediator en ne les informant pas de "la nature anorexigène" de son principe actif, le Benfluorex, alors que ce dernier larguerait dans l'organisme une substance toxique, la norfenfluramine, une molécule très proche de l'amphétamine.
Avant d'aborder le fond, le tribunal devra trancher une féroce bataille procédurale engagée par Servier, susceptible d'entraîner un renvoi du procès.
Jacques Servier et quatre ex-cadres de Servier et de Biopharma, qui a commercialisé le Mediator, encourent quatre ans de prison et une amende de 37.500 euros. Les laboratoires Servier et Biopharma encourent quant à eux une amende de 150.000 euros ainsi qu'une interdiction d'exercer.