Le plan vaccinal mondial risque de "passer à côté de son objectif"
Le nouveau 'Plan d'action mondial pour les vaccins', prévu pour dix ans et financé à hauteur de plusieurs milliards de dollars, va être présenté la semaine prochaine à Genève aux ministres de la Santé lors de la 65ème Assemblée mondiale de la Santé. Pour Médecins Sans Frontières (MSF), ce plan pourrait complètement passer à côté de son objectif s'il ne prend pas en compte les faiblesses des activités vaccinales de routine. En effet, plus de dix-neuf millions d'enfants par an ne reçoivent pas les vaccinations de base recommandées.
MSF se réjouit de voir la vaccination obtenir une attention plus soutenue dans cet effort global pour une 'Décennie des vaccins', mais s'inquiète de l'absence de discussions autour de certains enjeux capitaux. " Le Plan d'action mondial pour les vaccins fait comme si les programmes de vaccination de base fonctionnait bien, mais ce n'est pas le cas dans de nombreux pays où nous travaillons ", explique le Dr Estrella Lasry de MSF. " Se concentrer sur l'introduction des nouveaux vaccins sans renforcer les systèmes existants n'est pas la meilleure stratégie pour les enfants. Nous ne pouvons pas juste ajouter des nouveaux vaccins si les vaccinations de bases ne sont pas réalisées. "
Environ vingt pourcent des enfants qui naissent chaque année dans le monde ne reçoivent pas toutes les vaccinations de base dont ils ont besoin pour être protégés contre les maladies les plus meurtrières.
Cela représente environ 4 fois le nombre d'enfants nés en Europe chaque année. Ce chiffre est alarmant et s'explique par des taux de couverture vaccinale particulièrement bas dans certaines régions. Par exemple, dans l'Etat du Bihar en Inde, 60% des enfants ne sont pas entièrement vaccinés.
" Pour atteindre ces enfants, la priorité est d'avoir des vaccins plus faciles à utiliser ", précise Kate Elder, référente sur les vaccins à la Campagne d'Accès de MSF. " Il faut investir dans le développement de produits vaccinaux plus faciles à inoculer. Nous devons également réfléchir à la manière d'atteindre les enfants des zones les plus isolées. "