De plus en plus de patients vont chez le MG pour des problèmes d'anxiété
Le moral des Belges va plutôt mal, selon le Thermomètre de la Mutualité socialiste Solidaris. 4 généralistes sur 10 déclarent que de plus en plus de patients viennent les voir pour des problèmes d'anxiété. 37% ont vraiment le sentiment que se déverse sur eux l'ensemble des problèmes de la société.
En partenariat avec la RTBf et Le Soir, la Mutualité Socialiste-Solidaris lance un programme d'enquêtes sociales et politiques : le Thermomètre Solidaris. Premier sujet d'enquête : l'état de bien-être psychologique de la population. Un Belge francophone sur 10 (400.000 personnes) déclare ressentir souvent ou très souvent de l'angoisse, de l'anxiété voire de la dépression. Qui sont-ils ? Quelles sont les sources de leurs souffrances ? Qu'en pensent les professionnels de la santé ? Chiffres clés, constats et pistes de propositions.
Le premier sujet du Thermomètre Solidaris aborde donc l'état de bien-être psychologique de la population belge francophone. C'est dans ce cadre que nous avons interrogé un échantillon de 1000 personnes représentatives des Belges francophones de 18 à 75 ans et 130 professionnels du secteur ( 80 médecins généralistes et 60 psychologues diplômés et psychiatres).
Comment allons-nous ? Plutôt mal !
• Un Belge francophone sur 10 déclare ressentir souvent ou très souvent de l'angoisse, de l'anxiété ou de la dépression
• 5% de la population est diagnostiquée scientifiquement comme souffrant de dépression modérément sévère ou sévère (PHQ9), 45% affichent un état de dépression modérée ou légère.
• 8% de la population déclare avoir déjà tenté de se suicider (14% chez les 18-25 ans, 18% chez les demandeurs d'emploi et les familles monoparentales), 12% y a déjà pensé.
• Confiance en l'avenir : 59% de la population pense vraiment qu'on est loin d'être sorti de la crise, 45% de la population est vraiment inquiète à l'idée de tomber dans la précarité.
• Le top 3 des sources d'inquiétude : la santé (52%), les enfants (40%), le travail, le chômage (29%).
• En cas de difficultés psychologiques exprimées, 57% déclarent avoir besoin d'un accompagnement. Parmi les sources d'aide et de soutien, la famille arrive en tête avec 42%. Seulement 11% de la population évoquent le généraliste, 7% un psychothérapeute, 5% un psychologue. 37% de ceux qui expriment des souffrances n'ont jamais fait appel à un généraliste ou à un professionnel de la santé mentale.
• L'illisibilité de l'offre (90% des personnes en souffrance ne savent à qui s'adresser), la méfiance (" ce sont des charlatans "), le prix et la difficulté d'accepter que l'on est en souffrance psychologique sont les principaux freins qui empêchent de recourir à un professionnel de la santé mentale.
Qu'en pensent les médecins généralistes et les psys ?
• 4 généralistes sur 10 déclarent que de plus en plus de patients viennent les voir pour des problèmes d'anxiété. 37% ont vraiment le sentiment que se déverse sur eux l'ensemble des problèmes de la société.
• 68% des médecins généralistes interrogés se considèrent comme le premier interlocuteur, 52% pensent vraiment qu'ils doivent le rester.
• 73% des généralistes partagent l'idée que les problèmes psy non ou mal pris en charge peuvent dégénérer en maux physiques.
• 10% seulement des médecins généralistes pensent avoir reçu une formation vraiment suffisante pour traiter les problèmes psy.
• Le travail (épuisement au travail, conflits, harcèlement) est la première problématique psy émergente qui amène les patients à se rendre chez un professionnel de la santé.
• 61% des psychologues et des psychiatres interrogés estiment que les gens sont mal informés sur l'offre disponible.