Un psy qui instillait des faux souvenirs condamné pour abus de faiblesse
Un psychothérapeute parisien, accusé par deux anciens patients de les avoir manipulés mentalement pendant des années en leur instillant de faux souvenirs traumatisants, a été condamné mardi à Paris à une année d'emprisonnement avec sursis pour "abus de faiblesse".
Benoît Yang Ting, 76 ans, n'avait pas assisté à son propre procès pour raisons de santé.
Le psychothérapeute a été condamné à une amende de 50.000 euros. Au titre des dommages et intérêts, il devra également verser à ses deux anciens patients les sommes de 100.000 et 50.000 euros.
Sophie Poirot, aujourd'hui avocate, et Bernard Touchebeuf, chef d'entreprise, avaient versé au thérapeute respectivement 238.000 euros et 750.000 euros pour payer différentes sessions à plusieurs années d'intervalle.
M. Yang Ting facturait en effet ses prestations 320 euros de l'heure et sanctionnait 50 euros chaque faute d'orthographe d'un patient dans les comptes rendus qu'il exigeait d'eux.
Ses méthodes thérapeutiques impliquaient pour les patients de se déshabiller intégralement pendant de très longues sessions éprouvantes, afin de revivre des souffrances soi-disant enfouies.
"La thérapie de Yang Ting, c'est l'argent et le sexe, il n'y a que ça", avait dénoncé l'ancienne patiente.
Une patiente comme elle pouvait être amenée à croire que son propre père l'avait violée, avait-elle expliqué. "Quand ma mère était morte, j'avais 16 ans. Mon père m'avait prise dans ses bras, c'était quand même normal... Mais M. Yang Ting demandait: 'Est-ce que votre père n'avait pas de désir?' Ca avait commencé comme ça..."
L'ancien patient, lui, avait cru "se souvenir" qu'au troisième mois de grossesse, sa mère avait mis "une aiguille à tricoter dans son utérus" et s'était "acharnée" sur lui.