Un accord sur neuf projets atteignant 6,5 millions d'euros
La ministre des Affaires sociales et de la Santé Laurette Onkelinx s'est engagée lundi à demander lors du prochain contrôle budgétaire de juillet un montant de 6,5 millions d'euros à partir de l'année prochaine destiné à permettre la poursuite de la mise en oeuvre de la réforme de la santé mentale qui vise à réallouer les budgets affectés aux lits en psychiatrie à des circuits de soins individualisés permettant au patient de maintenir un lien avec son environnement proche.
Dix projets-pilotes sont actuellement en cours afin de "désinstitutionnaliser" le circuit de la santé mentale, selon un communiqué des ministres de la Santé Laurette Onkelinx et Eliane Tillieux. Ils s'agit de 4 projets en Wallonie: Liège, Namur et Hainaut (2 projets), 1 projet à Bruxelles et 5 projets en Flandre: Noord-West-Vlaanderen, Gent-Eeklo, de Kempen, West-Limburg et Leuven-Tervuren.
Lundi, la conférence interministérielle a validé les candidatures de neuf projets supplémentaires, à savoir 2 projets en Wallonie (Verviers et Manage), 1 projet à Bruxelles et 6 projets en Flandre (Zuid-West-Vlaanderen, Midden-West-Vlaanderen, Ieper-Diksmuide, Halle-Vilvoorde, Noord-Oost-Limburg et Antwerpen). Ceux-ci pourront démarrer lorsque les moyens budgétaires auront été dégagés.
Pour ce faire, la ministre fédérale de la Santé publique s'est engagée à "demander ces moyens supplémentaires lors du contrôle budgétaire de juillet prochain". L'objectif est que ces 9 projets puissent démarrer le 1er janvier 2013, pour un montant total de 6,5 millions d'euros, sachant que les "coordinateurs de réseau" de ces 9 projets bénéficient déjà en 2012 d'un financement global de 900.000 euros.
La réforme de la santé mentale poursuit un double objectif. Il est d'une part d'organiser un véritable circuit de soins de santé mentale autour du patient, en faisant collaborer ensemble - sur un territoire délimité - les centres ambulatoires et les institutions résidentielles de soins de santé mentale, avec les acteurs de soins de santé de première ligne et les instances en charge de l'aide à la personne. Il vise d'autre part à détecter le plus rapidement possible les personnes présentant un problème psychique et leur assurer un accompagnement dans leur cadre de vie, avec des soins adaptés à leur situation personnelle.
La réforme privilégie donc les soins ambulatoires en collaboration avec la première ligne à l'hospitalisation psychiatrique.
La conférence interministérielle a également scellé lundi deux autres accords en vue d'améliorer l'encadrement de l'offre de soins pour les personnes les plus vulnérables, l'un sur l'affection des moyens fédéraux pour perfectionner la prise en charge des personnes âgées, l'autre visant à faciliter l'accès à la qualification d'aide-soignant pour les aides familiales et les auxilaires polyvalents.
Craignant que la réforme ne soit menacée pour des raisons budgétaires, des représentants du secteur de la santé mentale étaient venus mettre la pression sur les ministres peu avant leur réunion au SPF Santé publique.