Un rapport (obsolète?) du KCE publié dans le British Medical Journal
Un rapport du Centre Fédéral d'Expertise des Soins de Santé (KCE) a été publié dans la prestigieuse revue scientifique British Medical Journal (BMJ). Cette étude belge réalisée en 2011 démontre, au niveau cardiologique, que l'implémentation d'une valve aortique percutanée artificielle (TAVI) n'améliore pas la survie chez les patients qui peuvent encore recourir à une opération classique à coeur ouvert. Les chercheurs y font aussi état de préoccupations quant à la sécurité et au coût de cette chirurgie.
Dans ce rapport, les auteurs expliquent que l'utilisation d'une valve aortique percutanée (TAVI) se justifie uniquement pour les patients qui ne peuvent bénéficier de l'opération classique pour raisons anatomiques.
En Belgique, cela concerne un groupe de patients représentant 25 à 30 individus par an, soit environ 10% de l'ensemble des patients chez qui on implante une valve de façon percutanée pour le moment.
La TAVI n'améliore pas la survie des patients qui, même s'ils présentent un risque élevé de décès, peuvent encore subir une intervention chirurgicale à coeur ouvert. En outre, ces patients courent deux fois plus le risque de subir un accident vasculaire cérébral (8% contre 4%), estime encore le KCE.
Pour le professeur Victor Legrand, président de la société belge de cardiologie, il faut replacer l'étude dans son contexte.
"Cette analyse, parue en 2011, a en fait été réalisée à la demande des autorités sanitaires belges il y a trois ans. Ces données ne sont donc plus en phase avec la réalité actuelle dans les hôpitaux. Les techniques ont considérablement évolué et la pratique, qui n'est pas sans risque, s'est améliorée".
Pour le Pr. Legrand, également responsable du secteur cardiologie invasive au CHU Liège, le bon sens clinique doit l'emporter. "Les spécialistes s'accordent sur la nécessité de réserver le recours aux valves artificielles aux personnes qui ne peuvent plus être opérées à coeur ouvert et qui possèdent encore une certaine espérance de vie".