Chantal Mathieu : " un besoin d'information objective "
Chaque semaine, le Journal du médecin et son Journal du Spécialiste s'invitent à une ou plusieurs reprises dans les boîtes réelles et virtuelles des médecins belges. Comment ce lectorat particulièrement exigeant évalue-t-il " ses " journaux ? Quels sont les aspects qu'il préfère ? Que représentent ces publications pour la profession ? Nous avons posé la question au professeur Chantal Mathieu, endocrino-diabétologue réputée (KU-Leuven).
Chantal Mathieu : Comme j'ai un agenda professionnel très chargé, le Journal du médecin est pour moi une bonne manière de me tenir au courant de l'actualité médico-politique nationale et régionale sans perdre de temps. Dans la plupart des cas, je ne lis pas les articles dans le détail : je me borne à parcourir le journal en quelques minutes pour prendre connaissance des titres. Par contre, je m'attarde généralement sur ceux qui sont consacrés à l'Inami, à la nomenclature et aux questions syndicales - et surtout évidemment sur ceux qui concernent directement ma spécialité. Je vérifie surtout si le contenu est bien exact, si l'auteur ne s'est pas trompé.
Depuis peu, il existe également un Journal du Spécialiste, dont chaque édition se concentre sur une seule discipline...
Chantal Mathieu : Mes sentiments vis-à-vis de ce concept sont un peu partagés. Je me tiens évidemment tout naturellement au courant de ce qui bouge dans mon domaine, mais je dois reconnaître que c'est une bonne manière d'approfondir les thématiques abordées dans le Journal du médecin. Cette édition publie un compte-rendu du dernier congrès de l'ADA ? Le Journal du Spécialiste permet en effet d'insister davantage sur cet événement. Il est indéniable qu'il existe un besoin d'information objective ; il est toutefois capital que la rédaction veille au délicat équilibre avec l'industrie. Le Journal du Spécialiste pourrait également évoluer pour devenir un média qui prémâche pour ses lecteurs l'actualité de la recherche dans notre pays et tous les aspects pertinents sur le plan translationnel et clinique. Des thématiques comme le délai à prévoir avant l'avènement d'une nouvelle intervention dans le diabète de type 1, par exemple. Et à l'heure où la plupart des patients ont tendance à aller glaner une foule d'informations sur internet, on est parfois content d'avoir un Journal du médecin et un Journal du Spécialiste pour se tenir au courant des dernières nouvelles. Au moins, comme ça, on sait de quoi ils parlent !
Quelle format préférez-vous : papier ou électronique ?
Chantal Mathieu : Pour moi, la version papier reste incontournable, elle me permet littéralement de lire le journal dans mon bain. Avec la version électronique, c'est tout de même un peu plus délicat... Sans compter que les médecins reçoivent aujourd'hui une véritable avalanche de lettres d'information par e-mail.
Avez-vous des suggestions à nous faire pour l'avenir ?
Chantal Mathieu : Je pense qu'il existe une série de thématiques intéressantes qui pourraient être abordées dans le Journal du médecin et le Journal du Spécialiste, comme par exemple, dans mon domaine, les nouveaux outils dans le domaine du diabète de type 1. Actuellement, nous nous battons notamment pour que l'Inami rembourse le monitoring continu de la glycémie (capteurs). Les médicaments en développement sont également une thématique intéressante. Et quid de l'insuline : amie ou ennemie ? Qu'en est-il des risques cardiovasculaires ? Du diabète gestationnel ?