La linagliptine peut-elle améliorer la fonction rénale chez les diabétiques à risque ?
Une analyse post-hoc présentée à l'ADA montre qu'un traitement à base de linagliptine permet d'obtenir à la fois une amélioration significative du contrôle glycémique et une réduction significative d'un tiers du rapport albumine/créatinine chez des patients diabétiques de type 2 qui présentent un risque de déclin de la fonction rénale.
Les patients diabétiques de type 2 ont un risque accru d'atteinte rénale, ce qui peut se manifester par une albuminurie progressive et évoluer vers une insuffisance rénale. Jusqu'à présent, même un traitement optimal ne semblait pas en mesure de supprimer ce risque. La linagliptine qui est un nouvel inhibiteur de la DPP-4, avait - en association avec un inhibiteur des récepteurs pour l'angiotensine, le telmisartan - montré une certaine capacité à réduire l'albuminurie sur des modèles d'animaux diabétiques. Restait à tester cette hypothèse chez l'homme. C'était l'objectif d'une analyse post hoc de plusieurs études préalables, réalisée par une équipe finlandaise.
Analyse de 4 études linagliptine
L'analyse incluait un total de 227 patients diabétiques de type 2, issus de quatre études de 24 semaines, randomisées, menées en double aveugle et contrôlées par placebo, évaluant l'efficacité de la linagliptine (en association ou en monothérapie). Les patients retenus présentaient un risque de déclin de la fonction rénale, à savoir une faible albuminurie au départ de l'étude. Les critères d'inclusion sont repris dans le tableau 1. Tous les patients étaient stabilisés sous traitement par linagliptine (monothérapie ou en association) et par un inhibiteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine ou un sartan, en tant que traitement standard d'une néphropathie diabétique. Le principal critère d'évaluation était le pourcentage de variation du rapport des concentrations urinaires en albumine et en créatinine (estimation de l'albuminurie sur 24 h indépendamment de la concentration urinaire). Les taux d'HbA1c de base étaient de 8,2 % pour le groupe linagliptine et 8,5 % dans le groupe placebo, tandis que le rapport albumine/créatinine urinaire (UACR ou Urinary Albumin to Creatinin Ratio) était respectivement de 76 et 78 mg/g.
Albuminurie réduite d'un tiers
Les résultats de l'étude ont montré chez les patients sous linagliptine, après correction pour le placebo, une réduction de 0.71 % des taux d'HbA1c à 24 semaines (p<0.0001) ainsi qu'uneréduction de 33 % du rapport albumine/créatinine (p<0.05). Globalement les valeurs tensionnelles et la fonction rénale n'ont pas été modifiées par le traitement avec la linagliptine. La question se pose donc de savoir si la linagliptine ne présenterait pas des propriétés néphroprotectrices au-delà de ses effets sur le contrôle glycémique. Les études sont en cours.