Supplémentation de vitamine D pour les épileptiques
Depuis quelques années, on s'intéresse de plus en plus aux changements métaboliques observés avec la prise des antiépileptiques à long terme. Un de ces changements touche le métabolisme osseux et se traduit par une diminution de la densité osseuse (DMO) et une augmentation du risque de fractures.
Et ce, dans une population déjà exposée à un risque fracturaire majoré en raison d'autres effets médicamenteux indésirables (ataxie), de déficits neurologiques ou des chutes liées aux crises d'épilepsie.
Corrélation avec le CYP-450
On sait des glucocorticoïdes, des inhibiteurs de l'aromatase et des antiandrogènes qu'ils sont associés à l'ostéoporose. Cette même association avec les antiépileptiques est, par contre, moins connue.
Autres mécanismes
Les antiépileptiques sans induction du CYP-450 peuvent également porter atteinte à l'intégrité du squelette. Mécanismes potentiels : diminution de l'absorption intestinale du calcium, résistance à la parathormone, déficit en calcitonine, interférence avec le métabolisme de la vitamine K et un effet direct de l'antiépileptique sur la fonction cellulaire osseuse.
Risque de fracture
Dans la pratique, ce risque de fracture majoré n'est pas négligeable. La DMO est un facteur prédictif mais d'autres facteurs de risque, comme l'âge, le poids corporel, le mode de vie et des facteurs non osseux (risque de chute, capacité de réaction, masse musculaire, vision) sont également à prendre en compte. Globalement, les patients épileptiques ont un risque de fracture 2 à 6 fois supérieur à celui encouru par la population générale et une incidence supérieure des fractures vertébrales et du col du fémur. La part des chutes liées à l'épilepsie dans ces fractures est estimée à 35 %.
Supplémentation de vitamine D
On ne dispose que de peu d'informations concernant les stratégies diagnostiques et thérapeutiques de l'ostéoporose chez les patients épileptiques et les problèmes osseux associés aux antiépileptiques. Tous les patients doivent être informés du risque majoré de fracture et de la nécessité de prendre des mesures préventives. Parmi celles-ci, il y a les supplémentations de calcium et de vitamine D (1000-1200 UI vitamine D/jour pour les antiépileptiques non inducteurs enzymatiques et 2000-4000 UI/jour pour les antiépileptiques inducteurs enzymatiques).