PremiumEndocrinologie

Les TDS diabète toujours dans l'attente du succès escompté

Lancés il y a trois ans, les trajets de soins diabète de type 2 n'ont pas vraiment rencontré le succès espéré. Un résultat plus mitigé, à la différence d'une bonne adhésion pour les TDS insuffisance rénale tant au niveau des médecins généralistes que des patients. Le point avec le Dr Jean-Claude Daubresse, ancien président de l'Association Belge du Diabète (ABD), qui travaille aussi au CHU de Charleroi comme endocrino-diabétologue.

Thierry Goorden - 7 septembre 2012

L es trajets de soins diabète, ce n'est qu'un début ", martèle le médecin spécialiste convaincu de leur utilité. Il constate que les TDS néphros pour insuffisants rénaux, eux, ne posent aucun problème. " Il y a toujours eu, chez la plupart des généralistes, une peur de perdre leurs patients diabétiques. " Les mettre dans une convention d'autocontrôle glycémique, c'était prendre le risque de ne plus les revoir !", affirmaient-ils. Et on les entend toujours dire cela !". Les chiffres de l'INAMI montrent le contraire. Le Dr Daubresse reconnaît cependant que les patients inscrits dans des conventions se rendent volontiers, deux à trois fois par an, au CHU de Charleroi où il exerce, car ils y bénéficient aussi d'une prise en charge multidisciplinaire. C'est également une chance pour les MG et leurs patients. " Je pense que certains ont sans doute eu peur de mettre le doigt dans un système qui, à terme, pourrait englober une dizaine de maladies chroniques ". L'ancien président de l'ABD y voit dès lors " un énorme potentiel, mais qui risque aussi d'être coûteux pour la communauté. D'un autre côté, les patients sont mieux pris en charge ".

L'assurance d'être bien pris en charge

Le Dr Daubresse voit encore dans les TDS une occasion pour les généralistes de faire bénéficier leurs patients diabétiques ou à risque d'une prise en charge multidisciplinaire sur le long terme. " Cela permettra surtout d'éviter de les voir arriver déjà chez nous trop tard, avec parfois de graves complications, ce qui signifie qu'on a " raté " quelque chose dans la première ligne. Je ne dis pas qu'on va tout effacer avec les TDS mais, au moins, c'est l'assurance qu'un patient diabétique soit correctement pris en charge et qu'il mesure régulièrement ses chiffres de glycémie ".

Le bon vouloir des généralistes

Avec ses confrères spécialistes de sa région, l'endocrino-diabétologue carolo déclare ne pas rencontrer trop de problèmes même s'il reconnaît avoir déjà eu, par le passé, des patients qui ont été détournés de conventions, " et pas nécessairement par des généralistes, précise-t-il. Ce fut le cas d'une consoeur qui a désinscrit de la convention des patients avec deux ou trois injections d'insuline par jour pour les mettre dans un traitement par incrétinomimétiques. Quelques MG ont eux-mêmes essayé de détourner des patients mais il y a vraiment très peu de cas. Par contre, nous leur avons proposé beaucoup de cas qui ont fini ainsi par entrer dans des trajets de soins. Je dois souligner l'initiative et le bon vouloir de beaucoup de spécialistes de notre région qui sont par ailleurs impliqués dans l'Association belge du diabète ". À noter que l'ABD a donné son accord à l'INAMI pour aider à développer les TDS diabète de type 2. Elle a reçu un modique financement pour rédiger un petit texte d'accompagnement. Le RLM de Charleroi ayant fait, pour sa part, un carnet de suivi rigoureux, reprenant les différentes dates des consultations, ce qui permet de vérifier que les patients respectent bien leur contrat et qu'ils voient le médecin spécialiste une fois par an et leur médecin généraliste deux fois par an. " Je constate que, désormais, les podologues et les ophtalmologistes sont aussi vus beaucoup plus souvent qu'auparavant, ce sont des éléments tout de même importants ".

Objectif de départ exagéré

Le Dr Daubresse considère les TDS comme une initiative qu'il faut continuer de promouvoir. " En tant que diabétologue, on ne peut quand même pas refuser à quelqu'un une occasion de mieux se soigner ! Il sera encore temps, dans deux ou quatre ans, de revenir en arrière si l'on a vraiment perdu de l'argent et du temps, mais je ne suis pas certain que ce soit le cas. Ce que l'on voit avec les conventions, c'est que l'on a des chiffres moyens en HBA1C, en cholestérol et en tension en Belgique qui sont très corrects et qui sont comparables à ce qu'on observe dans les études cliniques. J'espère que l'évaluation qui va être faite très prochainement des TDS diabétos après 3 ans va donner la même analyse positive et que les chiffres vont continuer d'augmenter et faire ainsi que toutes les personnes nécessitant un traitement intensifié puissent être prises en charge rapidement ". Le spécialiste du CHU de Charleroi ne pense cependant pas que le temps permettra d'atteindre l'objectif des 80.000 TDS diabète de type 2 que s'étaient fixés les autorités. Un objectif de départ exagéré et qu'il juge malsain. Il en a résulté, estime-t-il, que beaucoup de spécialistes de petits centres, en Flandre comme en Wallonie, s'étaient opposés aux TDS parce que ceux-ci prévoyaient la disparition des groupes 3 (patients avec deux injections par jour et ayant droit à 30 analyses par mois) dans les conventions hospitalières.

Wat heb je nodig

Accès GRATUIT à l'article
ou
Faites un essai gratuit!Devenez un membre premium gratuit pendant un mois
et découvrez tous les avantages uniques que nous avons à vous offrir.
  • accès numérique aux magazines imprimés
  • accès numérique à le Journal de Médecin, Le Phamacien et AK Hospitals
  • offre d'actualités variée avec actualités, opinions, analyses, actualités médicales et pratiques
  • newsletter quotidienne avec des actualités du secteur médical
Vous êtes déjà abonné? 

En savoir plus sur

Partagez votre histoire (d'actualité)

Vous avez des informations pertinentes pour nos rédacteurs ? Partagez-les avec nous via ce formulaire.

Signalez-nous des nouvelles
Magazine imprimé

Édition Récente
16 juin 2026

Lire la suite

Découvrez la dernière édition de notre magazine, qui regorge d'articles inspirants, d'analyses approfondies et de visuels époustouflants. Laissez-vous entraîner dans un voyage à travers les sujets les plus brûlants et les histoires que vous ne voudrez pas manquer.

Dans ce magazine