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La médecine légale en porte-à-faux aux Assises de Namur

L'audition filmée de Thierry Chaineux juste après les faits qu'on lui reproche a été visionnée mardi en fin d'après-midi par la cour d'assises de Namur. L'homme explique qu'après avoir accidentellement étranglé sa compagne, Jocelyne Dalcq, avec un plaid lors d'un jeu du type "jeu du foulard", elle a perdu conscience et qu'il n'a pu la réanimer. Cette version est identique à la description des faits telle qu'il l'a expliquée lundi lors de son interrogatoire. Dans un rapport, la défense démonte d'ailleurs la thèse des médecins légistes qui concluent à un étouffement volontaire et non à un étranglement accidentel.

19 septembre 2012

L'objectif était surtout de voir les conditions dans lesquelles il a été interrogé par les enquêteurs et son état lors de son audition.

Me Gilissen, conseil des parties civiles, souligne une quasi "parfaite fidélité" entre la retranscription de l'audition par les enquêteurs et la vidéo, alors que la défense avait reproché le "manque de reflet fidèle et objectif" plus tôt dans la journée.

Dans son audition filmée, Thierry Chaineux relate ce qui s'est passé la nuit du 13 au 14 novembre 2010, avant qu'il n'appelle les secours pour signaler que Jocelyne Dalcq était inconsciente. "Je ne l'ai pas fait exprès. C'est un jeu qui a mal tourné. C'était un accident", a-t-il déclaré. Les enquêteurs le confrontent ensuite à la version du légiste mandaté par le parquet qui explique n'avoir trouvé aucune trace de strangulation.

Pour Mes Steinier et Leblanc (défense), cette version ne tient pas la route. "Le dossier du médecin légiste est fait uniquement à charge et pas à décharge comme le prévoit la loi belge. Ce n'est pas comme aux Etats-Unis ici", a lancé Me Leblanc. Dans les prochains jours, les deux avocats de la défense s'emploieront donc à démonter la version des experts mandatés par le parquet grâce à une contre-expertise réalisée par un autre médecin légiste de Bruxelles.

Pour la défense, il s'agit bien d'un étranglement accidentel et s'il n'y a pas de trace de strangulation, c'est parce qu'il n'a fallu que quelques secondes de pression sur le sinus carotidien pour que la victime ne décède. Pour eux, l'accusé n'a pas tué volontairement.

Le président du tribunal s'est toutefois dit "stupéfait" de ne recevoir que ce mardi le rapport transmis par la défense alors qu'il est daté du 4 septembre. "On garde dans sa poche un rapport que l'on soumet aux témoins sans que les parties civiles en aient pris connaissance", ont déploré à ce sujet Mes Gilissen et Wilmotte.

Le reste de la journée a également été marqué par les témoignages des anciennes belles-filles de la victime, mais aussi de son ex-mari (et père de ses trois enfants) ou de ses anciens amants. La victime avait certes un penchant pour l'alcool, était dépressive, malheureuse et très amoureuse de Thierry Chaineux, mais avait aussi "de bons côtés". Elle était gentille et "proche de ses enfants" quand elle n'avait pas bu.

L'audience reprendra mercredi avec les auditions des médecins légistes.

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