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Les sages-femmes pressent le monde politique à légiférer des droits acquis en 2006

L'Union professionnelle des sages-femmes belges (UPSfb) demande au monde politique de voter les trois arrêtés royaux d'application de la loi du 13 décembre 2006 concernant le droit des sages-femmes à prescrire des médicaments, entreprendre la rééducation périnatale et réaliser l'échographie, a-t-elle revendiqué jeudi au cours d'une conférence de presse à l'occasion du centenaire de l'association. Reste à savoir ce qu'en pensent les obstétriciens...

21 septembre 2012

"Nous avons besoin d'appui politique pour faire entendre la voix des sages-femmes", a commenté la présidente de l'UPSfb, Christine Jonhanson.

Si le monde politique reconnaît depuis longtemps que les sages-femmes sont des "prestataires de soins qui ont une autonomie", l'UPSfb déplore que les droits obtenus en 2006 ne soient toujours pas traduits en arrêtés royaux, ce qui pourrait pourtant considérablement faire évoluer le métier, selon l'association.

Parallèlement, les sages-femmes constatent un changement "des moeurs publiques, qui évoluent beaucoup plus rapidement que le cadre légal", estime Christine Jonhanson. Il existe aujourd'hui chez les couples attendant un enfant un véritable projet qui s'installe autour de la naissance de leur futur enfant, désirant mettre au coeur de ce projet davantage d'humanité que de médical, poursuit-elle.

L'UPSfb voudrait également que l'accent soit mis sur la liberté de choix de la femme de choisir son professionnel pour le suivi de grossesse ainsi que son lieu d'accouchement: avec un médecin ou une sage-femme, à domicile, en maison de naissance ou à l'hôpital. "A cette fin, il est urgent que les hôpitaux ouvrent leur plateau technique aux sages-femmes libérales", estime l'association.

"Il faut augmenter les normes hospitalières pour qu'il y ait davantage de sages-femmes 'libérales' qui entrent dans les hôpitaux", ajoute Christine Jonhanson. A Bruxelles, plusieurs hôpitaux acceptent ainsi de collaborer avec les sages-femmes libérales: Erasme, Sainte-Elisabeth, Ixelles, Brugmann et Saint-Jean. Mais en Wallonie, aucun hôpital ne permet cela, déplore le vice-présidente de l'association, Vanessa Wittvrouw. Il y a certes des conventions qui existent entre les sages-femmes libérales et les hôpitaux, mais cela représente une procédure longue et lourde, poursuit-elle.

"Il existe une multitude d'intervenants qui gravitent autour de la grossesse. La sage-femme va permettre de tenir le fil entre ces différents intervenants", témoigne en conclusion une sage-femme de l'hôpital d'Erasme.

L'UPSfb estime aujourd'hui qu'environ 8.000 sages-femmes exercent cette profession en Belgique. Un métier souvent méconnu, déplore l'association. "La sage-femme propose pourtant un accompagnement global avant, pendant et après la grossesse", et en partie remboursé par l'Inami.

Reste à savoir ce qu'en pensent les obstétriciens...

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