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Sous-consommation de soins à Bruxelles

Les Bruxellois consomment 20 pc de soins de santé en moins que les Wallons et les Flamands. Ce constat s'explique par des facteurs démographiques, socio-économiques et de santé, a souligné mercredi, lors d'une conférence de presse, la Mutualité Saint-Michel. Cette division régionale de la Mutualité Chrétienne lance six pistes d'action.

27 septembre 2012

Ce déficit de consommation ressort du bilan de santé 2012 de l'Inami. Ce dernier montre également qu'un Bruxellois sur 4 (contre 14 pc au niveau national) renonce ou postpose des soins médicaux pour raison financière. Et 17 pc des Bruxellois ne consultent pas de médecin.

Ces chiffres sont influencés par des déterminants sociaux comme le logement, l'éducation (le décrochage scolaire est plus important à Bruxelles), la mobilité, l'emploi (taux de chômage et de pauvreté plus importants), l'environnement et la cohésion sociale. La Mutualité met aussi en avant l'espérance de vie de Cuba et du Costa Rica qui est quasi similaire à celle de la Belgique alors que le PIB par habitant y est moins élevé. "Il ne s'agit dès lors pas d'une question de moyens mais de décisions politiques", souligne Jean Hermesse, secrétaire général de la Mutualité Chrétienne (MC).

Face à ces constats, la Mutualité Saint-Michel lance six pistes d'action à moyen et long terme, qui passent par des "choix politiques".

Premièrement, investir dans l'accueil de la petite enfance. "Les trois premières années de vie ont une influence déterminante sur la santé. Si le nombre de places d'accueil augmente, il y aura une meilleure sociabilisation, ce qui a un impact sur la santé", soutient Jean Hermesse.

Deuxièmement, développer l'approche de la santé communautaire et créer des liens "qui rendent heureux". Le nombre de personnes qui se disent insatisfaites de ses contacts sociaux est plus important à Bruxelles. Pour le secrétaire général de la MC, l'amélioration de la qualité de vie a également une influence sur la santé. Jean Hermesse recommande aussi de soutenir les aides-soignants.

Troisièmement, développer l'approche de la santé publique avec les écoles comme partenaires. Ainsi, la Mutualité préconise la visite d'hygiénistes dentaires dans les établissements scolaires pour sensibiliser à l'importance des soins dentaires préventifs.

Quatrièmement, combattre la privatisation et la marchandisation. Une comparaison des suppléments facturés à l'hôpital par région et par type de chambre montre que ceux-ci sont beaucoup plus élevés à Bruxelles. Par ailleurs, les hôpitaux du Chirec comptabilisent à eux-seuls 46 pc de la somme totale des suppléments d'honoraires en chambres communes et à 2 lits en Belgique. Il est nécessaire d'agir pour réguler ces suppléments, estime Jean Hermesse.

Cinquièmement, organiser structurellement la garde médicale de première ligne. Les dépenses en soins infirmiers et les dépenses pour les avis, consultations et visites chez le généraliste à Bruxelles sont respectivement inférieures de 54 pc et 27 pc à la moyenne nationale.

Enfin, réussir la réorganisation des transferts de compétences. Quelque 4,2 milliards d'euros de l'assurance maladie obligatoire vont être transférés aux régions. Le secrétaire général de la MC voit d'un mauvais oeil ces transferts. "Il ne constituera pas un plus pour le patient, il faudra limiter la casse", avertit Jean Hermesse. Ce dernier craint que ces transferts ne débouchent sur un manque de moyens qui entraînera la rareté, ce qui pourrait déboucher sur une privatisation des soins de santé. Jean Hermesse plaide dès lors pour une coordination des politiques.

La Mutualité Saint-Michel a enfin insisté sur l'importance d'informer les citoyens sur leurs droits, comme demander le statut Omnio, faire appel au tiers payant social (payer un euro la consultation), privilégier les maisons médicales qui appliquent un forfait et préférer le dossier médical global pour un meilleur remboursement de la consultation.

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