Du transplant à la récupération neurologique du greffon
Chirurgien plasticien aux Cliniques universitaires Saint-Luc, le Pr Benoît Lengelé a coordonné et participé en 2005 à la première allogreffe partielle de visage à la région du triangle nez-lèvres-menton. Il nous explique le formidable processus de récupération neurologique du greffon et sa réintégration psychologique dans le schéma corporel de la patiente, qui lui a permis de retrouver progressivement une sensibilité d'abord subjective, puis objective complète sur toute la surface du transplant.
Le 27 novembre 2005 marquera à jamais une date importante. Ce jour-là, le professeur Benoît Lengelé réalisait à Amiens, avec ses collègues Bernard Devauchelle et Sylvie Testelin, la première allogreffe partielle de la face, sur le visage d'une jeune femme de 38 ans défigurée par la morsure d'un chien qui lui avait arraché nez, lèvres et menton. " Techniquement, nous avions toutes les compétences requises, mais la patiente allait-elle supporter de se réveiller avec le visage d'une autre ", raconte ce brillant professeur d'anatomie. Isabelle (la patiente) a accepté le visage qui lui a été greffé ; son cerveau a réintégré l'image de son visage et en commande à nouveau parfaitement les mouvements.