Asénapine, haro sur les états mixtes
Une analyse post-hoc des études ARES démontre l'efficacité particulière de l'asénapine, une molécule de la classe des antipsychotiques atypiques, dans le traitement des troubles bipolaires comportant des épisodes mixtes, avec une amélioration significative par rapport au placebo des taux de rémission chez ces patients.1 L'étude souligne également ce qui aura été le leitmotiv des sessions consacrées aux troubles bipolaires à l'ECNP, à savoir l'importance de dépister les symptômes de manie et de dépression chez ces patients.
Les états mixtes, dans lesquels coexistent des symptômes de dépression et de manie sont une des formes les plus graves de troubles bipolaires. Les patients qui présentent des épisodes mixtes se caractérisent par une manifestation plus précoce des symptômes bipolaires, un risque plus élevé de suicide, des épisodes plus fréquents et davantage de comorbidités, notamment liés à des abus de substance. C'est chez ces patients que se retrouvent les taux les plus importants d'alternance rapide entre épisodes maniaques et dépressifs (rapid cycling). Par ailleurs le traitement de ces épisodes mixtes est compliqué, puisque les traitements habituels des épisodes maniaques ne parviennent pas toujours à stabiliser ces malades. Certains antipsychotiques atypiques ont montré leur efficacité dans le traitement des symptômes dépressifs et maniaques, soit en monothérapie, soit en association avec des stabilisateurs de l'humeur classiques, c'est notamment le cas de l'olanzapine et de l'asénapine.
Patients mixtes sous la loupe
L'objectif de l'analyse post-hoc, présentée à Vienne par Jean-Michel Azorin, était d'évaluer dans deux des études du programme ARES (3-A et 3-B),2, 3 l'efficacité de l'asénapine sur la rémission des symptômes tant maniaques que dépressifs, chez les patients présentant des formes mixtes de troubles bipolaires. Ces études cliniques randomisées incluaient un total de 977 patients. Parmi eux, 295 patients ont été identifiés comme ayant présenté des troubles bipolaires de type I répondant aux critères diagnostiques d'épisodes mixtes selon le DSM-IV-TR (un épisode maniaque et un épisode dépressif pratiquement tous les jours pendant au moins une semaine). Dans ce sous-groupe de patients, 107 étaient sous asénapine, 122 sous olanzapine et 66 sous placebo. Pour cette analyse post-hoc, les données de ces patients ont été rassemblées et les modifications des scores YMRS et MADRS ont été analysées en utilisant les méthodes statistiques appropriées. Les principaux critères d'évaluation étaient les modifications du score YMRS total (Young Mania Rating Scale évaluant l'efficacité sur les symptômes de manie), du score MADRS total (Montgomery-Asberg Depression Rating Scale évaluant l'efficacité sur les symptômes dépressifs), ainsi que les taux de réponse et de rémission composites (réponse ou rémission à la fois sur les scores YMRS et MADRS).
Efficace à tous les niveaux
Les résultats en termes de score YMRS montrent une efficacité supérieure de l'asénapine par rapport au placebo sur les symptômes maniaques, à la fois après une et trois semaines. On note que dans le sous-groupe des patients présentant des épisodes mixtes, l'olanzapine ne s'est avérée statistiquement supérieure au placebo uniquement après une semaine de traitement.