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Suicide : just STOP !

Le suicide chez les enfants et les adolescents ne fait qu'augmenter. Des outils sont pourtant disponibles pour le dépistage et la prévention, mais ils sont mal connus et donc peu utilisés. L'ECNP 2012 a donné l'occasion au Dr Paramata Santosh (King College of London, UK) de présenter STOP, acronyme pour Suicidality : Treatment Occuring in Pediatrics (STOP).

Pierre Dewaele - 9 novembre 2012

Il fallait que ce soit à Vienne que le projet STOP soit présenté, car, en 1910 lors du premier congrès de la Vienna Psychoanalytic Society, on parle déjà du suicide des jeunes comme d'un véritable souci, mais les analystes de l'époque l'interprètaient comme un acte auto-érotique... Le taux de suicide dépend de l'âge, du sexe et de la région géographique, mais il existe une constante : 90 % des personnes qui commettent un suicide présentent un trouble psychiatrique. "Cela signifie que celui-ci n'a pas été détecté à temps ou pas soigné de manière adéquate". Les statistiques mondiales montrent que, pour les jeunes de 5 à 14 ans, cela concerne 0,5/100.000 filles et 0,9/100.000 garçons. De 15 à 24 ans, ces taux augmentent respectivement à 12 et à 14,2/100.000. Et seule la moitié de ces jeunes ont pu bénéficier de soins psychiatriques avant de (tenter de) passer à l'acte.

Encore Esope !

C'est pourquoi Paramata Santosh propose, à l'instar de la série d'articles parue dans The Lancet l'été dernier, d'utiliser une stratégie ciblée sur les groupes à haut risque. Les facteurs de risque sont d'ailleurs connus et l'Internet prend dans ce contexte une place de plus en plus considérable puisqu'on trouve même sur le Web des forums de discussion sur ce sujet " Comment faire passer mon suicide pour un accident ?". On y trouve aussi bon nombre de sites de prévention, même sous couvert de titre accrocheur " The Ten Minute Suicide Guide " et d'autres forums regorgent d'offres d'aide.

Dépister et prévenir

STOP étudie aussi les effets secondaires paradoxaux potentiels des antidépresseurs et des antipsychotiques. Ainsi, STOP a montré que les risques de suicide de 3 % à 8 % chez des patients traités par rispéridone par rapport à des personnes témoins avec une puissance de 80 %. " On sait que ces médicaments, en raison de leur effet positif sur l'énergie qu'ils offrent, mettent en danger ces patients durant les premiers jours de traitement avec une augmentation du risque de passage à l'acte. Il s'agit d'un moment critique où le patient doit être suivi de près. La psychothérapie réduit en revanche ce risque. Et donc par rapport à la prise en charge, peut-être serait-il préférable de débuter par une psychothérapie puis de traiter par médicaments ", propose Paramata Santosh. De fait, STOP montre que des patients sous antidépresseurs ont deux fois plus de risque de suicide par rapport à ceux traités par psychothérapie cognitivo-comportementale dans les premiers jours du traitement.

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