Dépression : Morphée dans tous ses états...
Troubles du sommeil et troubles psychiatriques sont souvent étroitement liés, mais la manière dont les uns affectent les autres n'est pas évidente. Une étude belgo-néerlandaise a tenté de démêler cet écheveau...
L'étude des troubles du sommeil dans les troubles psychiatriques n'est pas récente, mais elle requiert de placer le patient dans des circonstances correspondant très peu à ce qu'il vit au quotidien. Des chercheurs néerlandais et belges ont essayé de mieux comprendre les liens intimes qui relient troubles dépressifs et sommeil dans la vie de tous les jours et chez des personnes non dépressives au départ. Il est bien connu que la perte de sommeil est associée à une dérégulation émotionnelle, essentiellement négative.
Bien dormi ?
Le premier objectif de Jessica de Wild-Hartmann et de ses collègues était d'évaluer de manière prospective, jour après jour, la qualité du sommeil rapportée par les sujets et de la mettre en rapport avec la méthode ESM ( Experience Sampling Method). Pour mémoire, elle permet d'obtenir des données sur les pensées, les émotions et les activités de plusieurs échantillons d'individus dans leurs milieux naturels tout en suivant l'évolution de leur humeur. Le second objectif de l'étude était de déterminer l'association entre la qualité du sommeil lors de l'entrée dans l'étude et le développement d'une dépression.
Relation complexe
Sans surprise, les résultats montrent une association assez forte a priori entre la qualité du sommeil et les émotions positives et les émotions négatives si cette qualité est moindre. En revanche, le nombre de réveils durant la nuit ou la durée du sommeil n'affecte l'humeur le jour suivant que de manière positive. Il apparaît aussi que le facteur prédictif le plus fort pour évaluer le risque de développement d'une dépression est la qualité du sommeil en général au moment de l'entrée dans l'étude. Ainsi, une bonne qualité du sommeil réduit de 73 % le risque de dépression à la fin du suivi et des réveils fréquents multiplient ce risque par 1,68.