Êtes-vous compliant au traitement de vos patients ?
La question choque un peu, mais elle reflète certainement l'idée qui a guidé les auteurs d'une étude européenne sur la prise en charge de la schizophrénie.
Avec environ 1 % de personnes atteintes dans le monde, la schizophrénie reste une pathologie majeure. Les traitements sont efficaces et constituent une part essentielle de la prise en charge des patients. Cependant, l'adhérence au traitement représente un véritable défi lorsqu'on sait que plus de 50 % des patients ne sont plus compliants dans les 30 jours qui suivent leur première hospitalisation. L'objectif des auteurs était de déterminer les différentes attitudes des professionnels de la santé face au traitement des patients. Ils ont pour cela réalisé un questionnaire validé qu'ils ont diffusé à travers 36 pays réunissant 4.722 psychiatres, 4.120 infirmières et 138 soignants, n'appartenant pas aux deux premières catégories. Notre pays n'est pas en reste puisque 164 psychiatres, 56 infirmières et 26 soignants y ont participé.
Avis divergents
Les résultats laissent pantois puisque plus de 50 % des professionnels de la santé considèrent que plus de 50 % de leurs patients vus dans le mois précédent la réponse au questionnaire n'ont pas été compliants à leur traitement : soit ils avaient arrêté soit ils ne l'avaient pas pris à la dose prescrite. Or, il apparaît que 77 % des psychiatres interrogent le patient à ce sujet. Lorsqu'on les interroge sur les facteurs qui doivent agir pour rappeler au patient de se traiter : 40 % des psychiatres estiment que cela revient à la famille et 28 % aux professionnels de la santé qui en ont la prise en charge.
Moins souvent, svp !
Côté solution, 62 % des psychiatres estiment que changer ou utiliser un traitement long terme injectable constitue la meilleure approche thérapeutique. Ils sont rejoints en cela par la moitié des soignants qui estiment que l'administration d'un traitement de manière espacée est plus supportable qu'une prise quotidienne. Par ailleurs, 92 % de ces derniers sont convaincus que c'est d'abord l'efficacité du traitement qui est en cause dans l'adhérence au traitement puis les effets secondaires.