Que faites-vous en cas d'hyperparathyroïdie primaire ?
La stratégie de traitement optimale de l'hyperparathyroïdie primaire (HPTP) fait encore l'objet d'une certaine controverse, probablement parce qu'il n'existe pas d'études randomisées de grande ampleur sur les effets à long terme du traitement chirurgical par rapport au traitement médicamenteux. Une enquête européenne sur les options de première intention.
La HPTP touche de 0,1 à 2 % de la population, avec une majorité de femmes (3 : 1). Les manifestations cliniques peuvent varier d'une maladie symptomatique avec hypercalcémie, lithiase rénale et maladie osseuse graves à une maladie asymptomatique découverte par hasard.
Enquête sur Internet
Toutefois, les formes légères peuvent s'aggraver et l'HPTP non traitée peut s'accompagner d'un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires. Un traitement s'impose donc. Diverses organisations européennes recommandent de suivre les directives américaines en la matière. Afin de déterminer si les praticiens européens se conforment à cette recommandation, une enquête en ligne a été réalisée en 2009. La France, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne y ont participé.
Diagnostic et respect des directives
La méthode diagnostique utilisée ne différait pas d'un pays à l'autre : 98 % utilisaient le dosage de la parathormone (en plus du calcium sérique (85 %), de la créatinine sérique (96 %) et de la calciurie des 24 heures (85 %)).
Traitement de l'HPTP symptomatique
Une différence significative (p<0,001) a été constatée sur ce point. Septante-deux pour cent des médecins britanniques, 73,8 % des médecins allemands et seulement 42 % des médecins italiens optent en première intention pour la parathyroïdectomie. La France (63,8 %) et l'Espagne (60 %) se situent entre ces deux pôles. Les répondants italiens optaient en toute logique plus souvent (44,3 %) pour un traitement médicamenteux en première intention en cas de maladie symptomatique.
Attitude en cas d'HPTP asymptomatique
Peu de médecins optent pour la parathyroïdectomie en première intention. Ils y ont recours en cas de complications telles qu'une hypercalcémie, une hypercalciurie, une insuffisance rénale ou une ostéoporose significatives (48-66 %), à l'exception de l'Italie (32 %, p<0,001). L'option la plus souvent choisie était le suivi du taux de calcium, avec ou sans traitement médicamenteux, au Royaume-Uni et en Italie. Cette option était moins populaire dans les autres pays.