Le dépistage du diabète, un coup dans l'eau ?
Des chercheurs de la Medical Research Council Epidemiology Unit, à Cambridge, ont en effet mené une étude randomisée impliquant 33 cabinets de médecine générale (qui sont le plus souvent des cabinets de groupe au Royaume-Uni) dans l'est de l'Angleterre.
Ces 33 cabinets ont été subdivisés en trois groupes, le premier ne pratiquant pas de dépistage, le deuxième effectuant ce dépistage suivi par un traitement intensif du diabète en cas de diagnostic positif et le troisième impliquant un traitement de routine chez les diabétiques ainsi dépistés. C'est un total d'un peu plus de 15.000 individus, âgés de 40 à 69 ans (âge moyen de 58 ans), à haut risque de diabète non diagnostiqué en fonction d'un score de risque précédemment validé, qui ont été inclus dans l'étude. Le diagnostic de diabète était établi après dosage de l'hémoglobine glycosylée, d'une glycémie à jeun et d'un test de tolérance glucidique de confirmation. Septante-trois pour cent des patients retenus ont effectivement subi le dépistage, 466 d'entre eux (3 %) s'avérant diabétiques. 4.137 sujets témoins ont été suivis. Durant un suivi moyen de 9,6 ans, il y a eu 1.532 décès parmi les sujets dépistés et 377 dans les groupes témoins, le cancer étant la cause de décès la plus fréquente dans les deux groupes.
Conclusion
Les auteurs concluent en soulignant qu'ils n'ont pas noté de réduction significative dans les décès cardiovasculaires, par cancer ou liés au diabète dans la population des patients dépistés. Un commentaire accompagnant la publication de l'étude dans le Lancet remarque que l'on pourrait avoir des bénéfices plus importants d'un tel dépistage dans des pays ayant une prévalence plus élevée de diabète non diagnostiqué et une qualité moindre des soins de santé.