Schizophrénie : la voie de la raison...
Les troubles cognitifs dans la schizophrénie sont fréquents et peuvent abaisser considérablement la qualité de vie des patients. Il s'agit probablement d'un des besoins non rencontrés dans le traitement pharmacoloqique actuel, encore fallait-il en découvrir le mécanisme...
MTOR est une voie métabolique essentielle pour la survie de la cellule et signifie mammalian target of rapamycin. La rapamycine est la première molécule découverte sur l'île de Pâque, " La Grande Rapa ", qui a réussi à inhiber cette enzyme impliquée dans la prolifération cellulaire. C'est ainsi que les inhibiteurs qui en découlent ont été largement utilisés dans le traitement de certains cancers. En juillet dernier, la revue Neuroscience a publié une étude américaine montrant qu'un inhibiteur du mTOR permet d'augmenter la survie, ce qui avait déjà été démontré en 2006, pour tous les eucaryotes, d'améliorer le fonctionnement cognitif des souris jeunes et de maintenir ces capacités chez des souris âgées. Les chercheurs constatent une augmentation des niveaux des neurotransmetteurs sérotonine, dopamine et norépinéphrine. Par ailleurs, un inhibiteur du mTOR, l'évérolimus, a démontré son efficacité dans la sclérose tubéreuse de Bourneville.
Molécule à tout faire...
Lors de l'ECNP 2012, un nouveau pas a été franchi, cette fois dans la prise en charge des déficits cognitifs dans la schizophrénie. On dira qu'il s'agit encore de souris, mais le modèle murin révèle bien plus que ce à quoi les chercheurs s'attendaient. Julie Meffre de l'Institut de Génomique de Montpellier (France) et ses collègues ont rappelé que le récepteur 6 de la sérotonine, 5HT6, se trouve uniquement dans le cerveau. Il est impliqué dans le contrôle cognitif et dans la pathogenèse des troubles psychiatriques comme dans la schizophrénie et dans la maladie d'Alzheimer. Cependant, on connaissait peu de choses sur les mécanismes intimes de signalisation activés dans la modulation du récepteur 5HT6. Ils ont donc choisi de réaliser une caractérisation des protéines qui interagissent avec ce récepteur, espérant l'identification d'un nouveau type de récepteur lié au signal.
Protégez le cerveau ?
Il restait à savoir si cette inhibition joue un rôle dans le développement d'un déficit cognitif. Ils ont provoqué une amnésie chez des souris grâce à un traitement par WAY181187, un agoniste de 5HT6, connu pour réduire le fonctionnement cognitif et mnésique. En traitant ces souris par la rapamycine, ils ont pu prévenir l'amnésie induite par WAY181187. Quid de la schizophrénie ? Ils sont partis d'un modèle connu en injectant dans la période néonatale de la phencyclidine, qui reproduit les changements caractéristiques de la maladie chez l'adulte. En traitant les souris par un analogue de la rapamycine, ils ont contrecarré les effets de WAY181187 et ils ont constaté, dans le cortex préfrontal, une augmentation de la phosphokinase S6 qui régule la croissance et la taille cellulaire.