Le difficile réveil après le coma
Environ 15% des patients qui ont été dans le coma à la suite d'un accident présentent encore après revalidation des signes de désorientation ou des troubles du comportement. C'est ce qu'indique vendredi le Journal du Spécialiste (qui appartient au même groupe que le Journal du médecin). Pour de tels patients, il n'y a actuellement pas de véritable possibilité d'accueil. Marleen Moonen, médecin en chef de la clinique de revalidation Inkendaal à Vlezenbeek (Brabant flamand), plaide donc pour une solution structurelle.
Des dizaines de patients revenus à la vie suite à une réanimation prolongée se retrouvent livrés à eux-mêmes au terme de leur parcours de revalidation. Le problème concerne principalement des personnes sorties du coma qui sont mobiles et même relativement autonomes, mais qui présentent une désorientation dans le temps et l'espace assortie de comportements fortement dérangeants.
C'est le Dr Marleen Moonen, médecin-chef à l'hôpital de revalidation Inkendaal à Vlezenbeek, qui tire la sonnette d'alarme. " Parmi les patients victimes d'une lésion cérébrale acquise qui ont subi une anoxie ou qui présentaient déjà des antécédents de dépendance, il existe un groupe limité mais non négligeable qui récupère bien au niveau physique, retrouvant sa mobilité et même un certain degré d'autonomie sous surveillance, mais chez qui persistent une confusion, une désorientation et des comportements gênants, voire souvent franchement agressifs. À l'heure actuelle, rien n'est prévu pour ces personnes : ni les structures régionales pour handicapés, ni la psychiatrie, ni les MRS ne veulent les prendre en charge. Le retour au domicile non plus n'est généralement pas envisageable, car ces sujets sont souvent de jeunes pères de famille dont le conjoint n'a pas la possibilité d'arrêter de travailler, alors qu'ils ont besoin d'une surveillance permanente. "
Le Dr Moonen plaide pour que soit trouvée une solution structurelle, par exemple par le biais d'un élargissement des compétences de l'Awiph et de son pendant flamand, le Vlaams Fonds voor Personen met een Handicap, ou d'une solution à l'échelon fédéral qui permettrait, par le biais d'une convention, d'héberger ces patients dans des sections spécifiques des MRS.