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Le patient dont personne ne voulait

" À chaque fois que j'entends qu'une personne a dû subir une réanimation prolongée suite à un grave accident ou à une intoxication, je retiens mon souffle, tant la probabilité d'une revalidation complète est mince. Un certain nombre de patients, souvent des jeunes, finissent en effet par se retrouver dans une situation sans issue : alors que leurs séquelles rendent impossible un retour à domicile sans surveillance, il n'existe actuellement aucune structure pour les accueillir ", explique Marleen Moonen, spécialiste en neurologie pédiatrique et médecin-chef à l'hôpital Inkendaal (Vlezenbeek).

23 novembre 2012

L'hôpital Inkendaal à Vlezenbeek, à un jet de pierre de Bruxelles, est un centre de revalidation ultra-moderne destiné aux enfants et adultes victimes de pathologies motrices, neurologiques ou cardiopulmonaires sévères. Le Dr Moonen y occupe le poste de médecin-chef depuis 1997.

Circulation

À l'évaluation, un quart des patients de l'unité 100 sont dans un état de conscience minimal ; parmi les autres, deux tiers finiront par évoluer vers un état autorisant le retour au domicile (voire, dans quelques rares cas, la reprise du travail) ou le placement dans une structure d'hébergement agréée pour les personnes handicapées (avant 65 ans), dans un service spécialisé dans les troubles psycho-organiques ou dans une MRS. Ceux qui préoccupent le Dr Moonen, ce sont toutefois surtout ceux qui n'entrent dans aucune de ces catégories, soit " les personnes qui sont conscientes et mobiles mais désorientées dans le temps et l'espace, qui nécessitent une surveillance de tous les instants sous peine de se perdre et - surtout - les 15 % qui présentent des comportements fortement dérangeants ".

Une population difficile

Reste que les structures agréées destinées aux personnes handicapées ont déjà des listes d'attente interminables et que les unités psycho-organiques ne sont généralement pas disposées à accueillir ces personnes. Le Dr Moonen ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer. " Il arrive de temps en temps que nous parvenions à caser l'un de nos malades dans une unité psychiatrique... mais en général, cela prend une fois mais pas deux, car ce sont vraiment des cas difficiles. " Les MRS ? " Comme elles sont subsidiées en fonction de la dépendance de leurs résidents, plus le score du patient à l'échelle de Katz est élevé, plus il a de chances d'y être admis : c'est d'une logique implacable. Sauf que 'mes' patients n'ont jamais un score élevé à l'échelle de Katz : avec un peu d'aide, ils sont capables de se laver, de manger tout seuls, de se déplacer... "

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