Obésité et SEP : mythe ou réalité ?
En parallèle de l'immunité, les facteurs environnementaux compteraient pour beaucoup dans l'étiopathogenèse de la SEP. Parmi eux, le tabagisme et les habitudes de vie et leurs dérives sont évalués. En première ligne, l'obésité mais pourquoi ?
Tout est parti de cette étude publiée en 2009 dans la revue Neurology1 destinée à établir pour la première fois, un lien éventuel entre l'obésité et la SEP. D'une taille inégalée à ce jour, elle a inclus sur une quarantaine d'années 238.000 femmes avec pour résultat que les adolescentes obèses à 18 ans développaient deux fois plus de SEP que les sujets sans surpoids. De façon fort curieuse, l'étude montre que l'obésité dans l'enfance résolue avant l'adolescence, pas plus que l'obésité à l'âge adulte n'est corrélée au taux de SEP. Cette étude fut à l'époque beaucoup critiquée parce qu'elle occultait certains autres facteurs de risque que l'on connaît mieux actuellement comme le taux de vitamine D et le fait aussi qu'il s'agissait exclusivement d'une population féminine. Une nouvelle étude2 incluant 1.571 patients avec SEP et 3.371 contrôles montre qu'un IMC (indice de masse corporelle) >27 kg/m2 à 20 ans multiplie par 2 le risque de SEP comparé aux sujets avec un IMC entre 18,5 et 21 kg/m2 (OR=2,2, CI95 % 1,6-3,0). Dans une population pédiatrique3 (âge moyen : 15,4 ans), l'IMC est plus élevé en cas de SEP que chez les sujets témoins (26,1 vs 22,5, p=0,002). La proportion d'obèses est significativement plus importante chez les patients atteints de SEP que chez les sujets témoins (57,9 % versus 30,6 %). Par contre l'obésité ne semble pas un facteur de progression de la maladie. Chez 10.433 patients (28,5 % en surpoids, 29,5 % obèses) avec une SEP rémittente-récurrente4, la corrélation entre le MSRS (Multiple Sclerosis Rating Scale) et l'IMC est faible et sans impact sur la sévérité du handicap (p=0,69). Quel mécanisme pourrait expliquer le lien entre la SEP et un déséquilibre endocrinien ? Il faut peut-être investiguer du côté de l'excès de calories sources de radicaux libres et d'inflammation...
Références :