Diagnostic différentiel des tremblements
Le tremblement peut être un symptôme de différentes maladies neurologiques et son diagnostic n'est pas toujours évident. En effet, 30 à 50 % des tremblements essentiels sont mal diagnostiqués. Ces auteurs néerlandais ont développé un algorithme sur la base d'une revue littéraire des techniques diagnostiques.
Le tremblement est un mouvement rythmique oscillant involontaire. Dans cette catégorie, on distingue les tremblements au repos et les tremblements en cas de contraction musculaire volontaire ; ces derniers sont encore divisés en tremblements posturaux, cinétiques, intentionnels, d'action, isométriques et isométriques orthostatiques. La classification peut également s'effectuer selon la fréquence du mouvement : faible (<4 Hz), moyenne (4-7 Hz) ou haute fréquence (>7 Hz).
Clinique : tremblement essentiel versus parkinson
Le tremblement essentiel est la forme la plus courante (0,4-0,9 % de la population générale). Elle augmente avec l'âge (4,6 % chez les plus de 65 ans, 22 % chez les plus de 95 ans). En moyenne, les tremblements commencent à se manifester vers 45 ans, mais ils peuvent également se produire plus tôt, sans que la personne ne s'en rende compte. Comme les tremblements s'aggravent progressivement, le patient consulte plus tard. Il s'agit d'un tremblement symétrique, postural et/ou intentionnel, de 4-12 Hz, avec dans 18 % des cas également des tremblements au repos. La personne a du mal à manger et à boire contrairement à ce qui passe dans le cas d'un tremblement physiologique renforcé.
Examens complémentaires
L'EMG est une technique simple et relativement abordable pour poser le diagnostic. Elle permet de bien différencier les tremblements essentiels posturaux des tremblements parkinsoniens, mais moins bien des tremblements dystoniques. Pour le diagnostic des tremblements psychogènes, l'EMG est associé à un accéléromètre. Les premiers résultats des accéléromètres intégrés dans les téléphones mobiles sont très prometteurs, mais leur usage diagnostique doit encore être validé. Les mesures simultanées EEG-EMG permettent de poser le diagnostic différentiel des tremblements essentiels et des tremblements corticaux.
Tremblements inexpliqués chez les moins de 55 ans
La maladie de Wilson est un trouble autosome récessif du métabolisme du cuivre. Les tremblements sont souvent posturaux, se font d'abord ressentir dans une jambe et se propagent ensuite dans tout le corps, avec un balancement des bras. Une céruloplasmine <50 mg/l est une bonne indication de la maladie, mais une valeur normale ne l'exclut pas. L'excrétion du cuivre dans l'urine à 24 heures chez les patients symptomatiques peut >100 g, mais une valeur >40 g est encore indicative. Le diagnostic est finalement confirmé par le modèle IRM typique. C'est également le cas pour des tremblements associés au syndrome de l'x fragile, rare, ou le syndrome d'ataxie chez les hommes symptomatiques et en cas d'ataxie cérébelleuse.