Traitement de la SEP secondairement progressive : que penser d'une statine ?
Près de 60 % des patients atteints de sclérose en plaques (SEP) vont développer une forme secondairement progressive dans les 10 ans qui suivent les poussées initiales de l'affection. La prise en charge sera difficile et le pronostic incertain du fait de l'absence d'efficacité des immuno-modulateurs et des effets secondaires qui excèdent souvent les bénéfices attendus. Une impasse thérapeutique qui a conduit de nombreuses équipes à évaluer d'autres médicaments en se fondant sur l'idée que la SEP est une maladie auto-immune mais aussi une maladie inflammatoire. Une molécule choisie parmi d'autres est la simvastatine, un inhibiteur de l'HMG-CoA réductase impliquée dans la biosynthèse du cholestérol et hypolipémiant reconnu dans le décours des grandes études de prévention cardiovasculaire. Mais on lui attribue aussi un effet anti-inflammatoire qui en fait un candidat potentiel dans le traitement de la SEP.
En phase progressive
Aujourd'hui les recherches se sont concentrées non plus sur les formes précoces de la maladie mais bien sur les stades plus tardifs et on dispose aujourd'hui des résultats de l'étude de phase II MS-STAT3 destinée à évaluer sur 2 ans l'effet de la simvastatine dans la SEP secondairement progressive. Les 140 patients inclus (70 % de femmes, âge moyen : 51 ans, durée moyenne de la maladie : 21 ans, durée moyenne de la SEP progressive : 7 ans, score EDSS médian : 6,0) sont randomisés pour recevoir 40 mg/j de simvastatine pendant le premier mois puis 80 mg/j, ou un placebo. Le critère principal est la réduction annualisée du volume cérébral total.
Le débat est-il vraiment clos ?
Pour beaucoup d'experts, l'essai SINCOMBIN sonnait un peu le glas de l'utilisation d'une statine ajoutée à l'interféron dans les formes récurrentes-rémittentes. D'autant qu'une méta-analyse4 de 4 essais (463 patients, score EDSS moyen 1,2-3,4) évaluant l'ajout de la simvastatine ou de l'atorvastatine au traitement standard par l'interféron vient de conclure à l'absence de bénéfice en termes de progression de la maladie (RR=1,31), de risque de rechute (RR=0,99) et de changement du score EDSS.