Un diagnostic à l'oil !
C'est une découverte qui vaut son pesant d'or que celle effectuée par cette équipe américaine qui a comparé un balayage oculaire à l'imagerie cérébrale pour prédire l'évolution de la SEP chez 164 patients et 60 témoins sains. La conclusion est sans équivoque : la corrélation est excellente, l'examen est facile à mettre en oeuvre et peu coûteux...
Le diagnostic de progression de la maladie se fonde aujourd'hui sur les clichés de l'IRM qui recherche les lésions périventriculaires, ovoïdes, hyperintenses, Gd+ etc. Dans cette étude1, la tomographie par cohérence optique (OCT) a été utilisée pour mesurer l'épaisseur de la couche nucléaire interne de la rétine de 164 patients atteints de SEP et 60 sujets témoins. Les suivis moyens des patients et des témoins sont respectivement de 25,8 et 22,4 mois. Chez 6 % des patients, on identifie un £dème maculaire microkystique (MMO). Les patients avec une SEP et une MMO ont une SEP plus sévère (score médian : 5,93 [range 2,44-8,91]) que ceux sans MMO (3,81 [0,13-9,47], p=0,032). Les scores EDSS ne diffèrent pas significativement entre les deux groupes (5,2 [1,0-6,5] vs 2,5 [0,0-8,0] sans MMO, p=0,097). Les patients avec SEP et MMO ont une épaisseur plus importante de la couche nucléaire interne de la rétine (p=0,003) qui est significativement corrélée au nombre de lésions prenant le contraste (p=0,007), aux nouvelles lésions hyperintenses en T2 (p=0,015), au score de progression EDSS (p=0,034) et au taux de rechutes (p=0,008) chez les patients avec une forme de SEP rémittente-récurrente. Une corrélation qui selon les auteurs, confirme bien la valeur de ce scan rétinien comme élément prédictif de progression de la SEP. L'examen est facile à mettre en £uvre, peu onéreux mais requiert toutefois un logiciel spécial de traitement des données pour numériser les nerfs profonds du fond d'£il.
Références :