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"Je vois encore cet objet devant moi : mais où est-il ?"

La mémoire de l'emplacement des objets nous aide dans notre vie de tous les jours. Un exemple : vous décidez de nettoyer à fond l'armoire à instruments et vous déplacez les seringues et les aiguilles de gauche à droite. Longtemps après, vous tendrez encore la main vers la gauche pour prendre une seringue...

Dr Michelle Cooreman - 23 novembre 2012

Dans cette étude, trois expériences ont été réalisées avec de jeunes adultes (25 ± 5 ans). Ceux-ci ont été placés face à un écran d'ordinateur, le menton bloqué, et leurs mouvements oculaires ont été enregistrés. Dans la première expérience, 1 à 5 objets ont été montrés à l'écran pendant 1 à 5 secondes, puis un écran noir pendant 1 seconde. Ensuite, les objets ont à nouveau été présentés à un emplacement au hasard. Le sujet devait alors faire glisser les objets pour les remettre à leur place originale. Dans les expériences 2 et 3, la durée de la période de fixation-mémorisation variait.

Mauvais placement

Le nombre de mauvais placements augmente proportionnellement au nombre d'objets à retenir. Le premier objet est plus souvent remis à son emplacement original que les suivants. Mais malgré tout, le risque de mauvais placement augmente lorsqu'il y a plusieurs objets à retenir. Il en va de même pour le deuxième, le troisième et le quatrième objet. Il y a donc un rapport systématique entre la précision de la mémoire et le nombre d'objets à retenir et l'ordre dans lequel ils sont regardés. Le dernier objet regardé est également mieux retenu et les mauvais placements le concernant augmentent significativement avec le nombre d'objets à retenir.

Lien entre l'objet et l'emplacement

Le nombre d'objets à retenir et un temps de mémorisation plus long entraînent une hausse progressive du nombre de mauvais placements. Les auteurs pensent que le phénomène est dû à la fragilité du lien entre l'identité de l'objet et son emplacement, qui se situent à des endroits de la mémoire. L'objet proprement dit est bien retenu. Il n'y a pas non plus de dégradation de la mémoire spatiale, car les emplacements sont également bien retenus. Les mauvais placements seraient consécutifs à l'échec de la liaison entre l'objet et son emplacement.

Oublié ne veut pas dire parti

Cette étude étaye le fait que l'emplacement et l'identité d'un objet se situent dans des endroits différents de la mémoire. En prolongeant le temps de mémorisation de 3 secondes seulement, le risque de mauvais placement des objets à retenir augmente, d'une façon qui ne s'explique pas par l'oubli de l'objet ou de son emplacement. L'échec du lien entre les deux contribue à l'oubli à court terme.

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