Transplantation de cellules souches autologues?
Le bien-fondé de la transplantation de cellules souches hématopoïétiques autologues (TCSH) en cas de maladies auto-immunes a été démontré dans les années 70 dans des modèles animaux de lupus. Ceci a également conduit à des observations chez des patients souffrant d'atteintes immunitaires ayant subi une greffe de moelle osseuse et dont un grand nombre sont en rémission. Qu'en est-il actuellement pour la sclérodermie ?
Depuis 1995, le Groupe de travail sur les maladies auto-immunes (Working Party on Auto-Immune Diseases) de l'European Group for Blood and Marrow Transplantation (EBMT) recueille les données relatives aux transplantations dans le cadre de maladies auto- immunes. La justification scientifique de la TCSH est depuis lors devenue évidente. La transplantation détruit les lymphocytes auto-agressifs, ce qui réduit les taux d'anticorps et restaure la fonction du thymus. Les répertoires de récepteurs des lymphocytes T se normalisent et les patients retrouvent des quantités normales de lymphocytes T régulateurs. Le déséquilibre des cytokines se résout. En cas de sclérodermie, cela induit une réversion de la vasculopathie. La néoangiogenèse cutanée observée chez ces patients entraîne également une réversion de la fibrose cutanée. Ceci n'est cependant pas le cas pour tous les patients, a admis le Pr Jacob Van Laar (Newcastle upon Tyne, Royaume-Uni), mais un tel effet ne s'observe ni avec les immunosuppresseurs ni avec les agents biologiques.
Comment se déroule une TCSH autologue ?
La transplantation se déroule en trois étapes. La première étape consiste à mobiliser les cellules souches par chimiothérapie (cyclophosphamide par voie iv) et à l'aide d'un facteur de croissance pour les globules blancs (sc G-CSF).
Premiers résultats encourageants
Une analyse rétrospective de plus de 1.000 patients souffrant d'une maladie auto- immune et traités par TCSH (Farge et al. Haematologica 2010) nous apprend que, si le patient atteint de sclérodermie systémique et de lésions organiques internes survit à la transplantation (les lésions d'organes internes sont un facteur de risque défavorable), alors la probabilité d'amélioration à long terme voire de rémission est élevée. Un groupe franco-néerlandais a mené une étude pilote entre 1997 et 2006.
La fibrose est-elle néanmoins réversible ?
" Auparavant, on pensait que la fibrose était le stade terminal de la cicatrisation et qu'elle était irréversible. Des biopsies cutanées prélevées cinq ans après la TCSH montrent que tel n'est pas le cas.