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La morphologie de la hanche est-elle un facteur prédictif potentiel de l'arthrose ?

L'arthrose est responsable de lésions articulaires progressives, associées à des douleurs et à un handicap. Les facteurs de risque classiques sont l'âge, le sexe et l'IMC. Serait-il néanmoins possible d'identifier les patients à haut risque d'arthrose, par exemple sur la base de la morphologie de la hanche ?

Dr Michelle Cooreman - 13 décembre 2012

Le Dr Joyce Van Meurs (Erasmus Medisch Centrum, Rotterdam) s'est penchée sur cette question dans la cohorte de Rotterdam. Différentes raisons motivent l'intérêt de connaître les patients à haut risque d'arthrose évolutive. Tout d'abord pour le développement de nouveaux médicaments et la découverte de marqueurs biochimiques susceptibles de prédire la réponse au traitement mais aussi pour la prévention de l'arthrose : il est impossible de faire un suivi étroit de chaque individu, c'est pourquoi il faut pouvoir détecter les patients à haut risque.

Mortalité plus élevée en cas d'arthrose

La cohorte de Rotterdam est en fait constituée de trois cohortes, la première a été entamée à la fin des années '90, la deuxième en 2000 et la troisième en 2008. On y étudie non seulement l'arthrose mais aussi toutes les pathologies liées à la vieillesse. Une première constatation est que la mortalité, en cas d'arthrose de la hanche et du genou, après correction pour de nombreux facteurs de confusion tels que l'âge, l'IMC, les pathologies cardiovasculaires, le diabète, le tabagisme, les difficultés de marche, les problèmes de la vie quotidienne, est plus élevée que lorsqu'une seule des deux articulations est atteinte d'arthrose : HR 1,63 (1,20-2,22) en cas d'atteinte combinée de la hanche et du genou, contre 1,13 (0,99-1,28) pour le genou seul et 1,27 (0,99-1,62) pour la hanche seule.

Détermination de la morphologie de la hanche

Une des manières de mesurer les dommages articulaires est d'utiliser la morphologie de la hanche. Afin de pouvoir en étudier la valeur prédictive, plus de 1.200 radiographies de hanche de patients, présentant un score de KL (Kellgren & Lawrence) initial compris entre 0 et 1, ont été comparées après 6,5 ans et après 11 ans. L'arthrose de la hanche était confirmée en présence d'un score de KL ≥ 2 ou d'une prothèse totale de la hanche.

Test de la valeur des facteurs prédictifs

Pour ce faire, la courbe ROC (sensibilité versus spécificité) et l'ASC ont été utilisées (ASC=1 correspond à un test idéal et ASC=0,5 signifie que le test ne possède aucune valeur prédictive). Ceci a révélé que la morphologie de la hanche seule n'a qu'une valeur prédictive modérée pour l'arthrose (ASC=0,67), comparable à celle de l'âge, du sexe et de l'IMC combinés (ASC=0,66). L'âge, le sexe, l'IMC et le score de KL combinés donnent un meilleur résultat (ASC=0,81). L'ajout de la variation de la morphologie de la hanche à ces quatre paramètres n'apporte qu'une faible contribution à la prédiction de l'arthrose (ASC=0,84). De plus, la valeur prédictive de la géométrie de la hanche et des facteurs de risque cliniques connus diminue à mesure de l'allongement du suivi.

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