Arthrose : des idées simples mais utiles
On connaît presque tout de l'arthrose ? Ah bon ! Et qui peut répondre à la question de savoir à quel âge se manifestent les premiers symptômes ? Quelques données simples permettent de mieux gérer la maladie au niveau de la santé publique.
Les idées simples sont souvent celles auxquelles on pense le moins. Sans le vouloir, Losina et al. viennent d'en faire la démonstration à propos de l'arthrose du genou. Il est bien connu que le risque de souffrir de cette affection augmente avec l'âge. Mais a-t-on une idée précise de l'âge du diagnostic ?
Si jeune et déjà athrosique...
Les auteurs en question ont recueilli des données sur base des déclarations de patients américains de l'enquête intitulée " 2007-2008 National Health Interview Survey ". Ils ont complété ces données avec d'autres, provenant de la même enquête et concernant non seulement l'arthrose mais encore l'âge, le sexe et le degré d'obésité. Ils ont aussi estimé l'ancienneté de l'affection à l'aide d'un modèle de simulation informatisé appelé OAPol. L'incidence estimée du diagnostic d'arthrose du genou aux USA est apparue la plus élevée chez les adultes de 55 à 64 ans, allant de 0,37 % par an chez les sujets non obèses de sexe masculin, jusqu'à 1,02 pour les femmes obèses. L'âge moyen du diagnostic était de 55 ans. Et le risque d'être atteint sur la durée de la vie est de 13,83 % mais ici encore, c'est avec des variations allant de 9,6 % pour les hommes non obèses, à 23,87 % pour les femmes obèses. À l'âge de 60 ans, environ 9,29 % de la population américaine adulte se sont déjà vu diagnostiquer une arthrose du genou.
Chercher ailleurs aussi
Une autre étude, menée par Hoogeboom et al., répond partiellement à cette dernière question. Elle s'est attachée à estimer l'impact de la douleur articulaire en tant que comorbidité, sur la qualité de vie et le niveau d'activité des patients atteints d'arthrose du genou. La source des données exploitées ici est l' " Osteoarthritis initiative ", qui concerne 1.233 personnes dont l'âge moyen était de 61 ans, parmi lesquelles il y avait 58 % de femmes. Les auteurs ont considéré que la douleur avait statut de comorbidité lorsqu'elle était présente au niveau d'au moins trois groupes articulaires, y compris celui des genoux. Au cours d'un suivi de 4 ans, seuls 32 % des patients observés ne se sont jamais plaints de douleurs de ce type, alors que 13 % l'ont toujours accusée. Les analyses ont montré, comme on pouvait s'y attendre, que la douleur comorbide était négativement corrélée à la qualité de vie mais pas à l'activité physique. La conclusion des auteurs, ici, c'est que la recherche de douleurs au niveau des autres articulations que le genou devrait être systématique, même quand c'est le genou qui fait l'objet de la consultation. N'est-ce pas ainsi que les rhumatologues pratiquent déjà ?