Qui retire le plus grand bénéfice de la gestion de cas d'invalidité ?
Quelles sont les personnes qui retirent le plus grand bénéfice de l'intervention d'un gestionnaire de cas d'invalidité (GCI) et est-il possible de standardiser leur trajectoire ? Ce sont les deux questions auxquelles cherche à répondre l'étude lancée par Saskia Decuman en collaboration avec quelques collègues.
La question la plus importante est évidemment de savoir qui peut bénéficier de l'intervention d'un GCI et qui en retirera le plus grand bénéfice, commente Saskia Decuman, convaincue qu'un tri judicieux répond à une nécessité. " Il ne sera en effet jamais possible d'offrir une trajectoire d'accompagnement personnalisée à chaque patient qui rencontre des difficultés à s'intégrer au marché du travail. "
Critères d'inclusion
Afin de se faire une idée plus précise du groupe-cible concerné, Saskia Decuman a, dans le cadre de sa thèse de doctorat, introduit en collaboration avec des collègues d'autres hôpitaux une demande de projet d'étude auprès du Fonds pour les Recherches Scientifiques en Rhumatologie (FRSR). " Dans un premier temps, nous chercherons surtout à déterminer quels sont les critères les plus pertinents pour débuter une telle trajectoire chez un patient donné. Nous savons par exemple que, chez les personnes qui sont déjà en invalidité, il est important d'intervenir rapidement pour maximiser les chances de réinsertion professionnelle. "
Qui et qui ?
Le projet s'intéresse aussi à la dimension éthique. " Nous voulons déterminer à quel stade le secret professionnel et la législation en la matière sont susceptibles d'influencer cette trajectoire : qui peut communiquer avec qui, et à quelle étape du processus ? Comment organiser cet aspect de façon optimale ? C'est pour cette raison que nous voudrions également faire intervenir des personnes qui font de la recherche ou qui possèdent une expérience dans le domaine de la communication entre les différents acteurs impliqués dans l'incapacité de travail (au sens large plutôt que spécifiquement dans le domaine de la rhumatologie), qui puissent nous aider à développer ce volet de notre projet. "
La bonne volonté ne suffit pas...
Il va sans dire que les employeurs aussi sont des acteurs de premier plan dans ce contexte. Que pensent-ils des efforts des GCI pour maintenir les patients sur le marché du travail ? " Le CGI est un concept relativement nouveau, mais l'accompagnement de la trajectoire professionnelle ne date évidemment pas d'hier : cela a toujours été l'une des fonctions premières de l'ergothérapeute que d'aider les personnes confrontées à des problèmes de participation ", rappelle Saskia Decuman. " Il y a évidemment toujours des employeurs plus ouverts que d'autres, mais la bonne volonté n'est pas le seul facteur qui entre en ligne de compte : la possibilité de réorienter quelqu'un vers un poste plus adapté ou de lui offrir des mesures de soutien à l'emploi dépend aussi par exemple de la taille de l'entreprise ou des moyens et des possibilités que lui accordent les pouvoirs publics. "
Incertitude
Enfin, qu'en pense le premier concerné ? " Certains vivent cette intervention comme un véritable soulagement, mais d'autres trouvent un peu bizarre que leur participation professionnelle soit soudain l'objet de toutes les attentions. C'est particulièrement vrai pour les personnes qui ont été reconnues en incapacité de travail ou en invalidité et qui touchent une indemnité : il peut leur sembler surprenant voire parfois inquiétant que ce statut soit soudain remis en question et que l'on s'efforce de les remettre au travail. Dans ce cas de figure, une communication positive et une bonne préparation seront généralement loin d'être superflues. "