PremiumRhumatologie

Comprendre les raisons de l'échec

Si nous parvenions à mieux comprendre pourquoi chez certains patients les traitements biologiques ne donnent pas les résultats attendus, nous pourrions mieux choisir nos stratégies thérapeutiques.

Dr Jean Andris - 13 décembre 2012

L'arrivée des médicaments biologiques a considérablement modifié l'approche thérapeutique de plusieurs affections rhumatismales, ainsi que leur pronostic. Toutefois, on estime que 30 à 40 % des patients traités avec des anti-TNF ne répondent pas à leur traitement et on en ignore la raison. La résistance aux médicaments a été largement étudiée pour des molécules actives simples mais beaucoup moins pour des médicaments biologiques.

Dans tous les domaines

De tels phénomènes de résistance ne surviennent pas seulement en rhumatologie : l'hématologie, la cancérologie, la pneumologie et autre gastroentérologie peuvent s'y heurter. Une des pistes à explorer est sans doute celle du mode de production des médicaments biologiques, qui sont préparés sur du matériel vivant, mais pas nécessairement du matériel d'origine humaine. Des modifications post-translationnelles, ou l'utilisation de séquences non-humaines, pourraient donc être à l'origine de réactions de défense de type immunitaire chez les patients. Tous les médicaments biologiques sont potentiellement capables de susciter la formation d'anticorps dirigés contre eux. Les facteurs susceptibles de favoriser une telle réaction sont à chercher aussi bien dans le médicament lui-même que dans le traitement dans son ensemble ou chez le patient. Mais plusieurs autres mécanismes peuvent être envisagés, comme la présence de certains allèles des gènes codant pour les cibles thérapeutiques, allèles qui induisent des modifications de structure ayant pour conséquence une résistance. On se rend compte de la diversité des mécanismes, ce qui ne peut qu'inciter aux traitements personnalisés.

Une série en forme de " state of the art "

Une série d'articles de la revue Rheumatology a été consacrée à cette problématique au cours de l'année 2012. Les références en sont fournies plus loin. Mais ces articles viennent d'être repris dans une édition spéciale publiée online dans le courant du mois d'octobre. C'est une sorte de " state of the art " sur la question. On peut les trouver à l'adresse suivante : http://www.oxfordjournals.org/our_journals/brheum/review_ series_drug_res.html. Malheureusement, si deux des cinq articles sont en libre accès, les autres sont payants (une trentaine de dollars), sauf pour les abonnés. Les résumés sont toujours accessibles mais ils ne donnent pas le détail des contenus. Un de ces articles, heureusement en accès libre (Tak et al.), propose même à titre préliminaire un algorithme pour les choix thérapeutiques.

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