"La suppression des suppléments profite surtout aux assureurs"
La Chambre a débattu mercredi d'une série de textes sur lesquels elle votera jeudi, avant les congés de fin d'année. Le projet qui a provoqué le plus de discussion est celui relatif à l'accessibilité aux soins. Ce texte supprime les suppléments d'honoraires dans les chambres à deux lits. Il instaure aussi le système du tiers payant social obligatoire à partir de 2015 et améliore les remboursement pour les malades chroniques.
Ce projet fâche une partie du monde médical et a notamment eu pour conséquence qu'il n'a pas été possible d'arriver à un nouvel accord médico-mutualiste. Dans les rangs de la majorité, le MR a aussi manifesté des réticences.
Le chef de groupe MR Daniel Bacquelaine a une nouvelle fois souligné que les suppléments d'honoraires ne vont pas intégralement dans la poche des médecins mais qu'ils servent aussi au financement des hôpitaux tant en matériel qu'en personnel.
"Je plaide pour un système de médecine libre parce qu'il tire la qualité de la médecine vers le haut. Des avancées notoires ont été rendues possible parce qu'elles ont été pratiquées par des médecins qui les ont utilisées grâce aux suppléments d'honoraires", a-t-il dit.
Il a aussi rappelé que selon lui la suppression des suppléments d'honoraires bénéficiera surtout aux assureurs.
La chef de groupe cdH Catherine Fonck a ajouté sur ce dernier point qu'il fallait "stopper l'évolution des primes d'assurance".
La ministre des Affaires sociales Laurette Onkelinx a indiqué dans sa réponse qu'elle avait demandé à son collègue de l'Economie de charger l'observatoire des prix de réaliser une analyse des primes d'assurance-hospitalisation tenant compte de la diminution de risque que constitue pour les assureurs l'interdiction de suppléments dans les chambres à deux lits.
La ministre a aussi dit qu'elle voulait mieux cadrer la relation entre médecins et gestionnaires d'hôpitaux et qu'elle attendait pour le mois de juin une proposition de révision de la nomenclature.
Dans son intervention, Mme Fonck a aussi demandé à la ministre de tout mettre en oeuvre pour arriver à la conclusion d'un accord médico-mutualiste. "Cela doit se faire avec toutes les parties prenantes. Ce serait une erreur de conclure un accord sans l'Absym". Ignorant au passage qu'aucun accord n'est possible sans le syndicat majoritaire (si ce n'est pas la voie individuelle).
L'accord actuel a d'ailleurs été prolongé de trois mois pour donner une chance supplémentaire à la négociation, a précisé la ministre.