Les Mutualités libres veulent encourager la dialyse à domicile

Parmi les 11.000 Belges qui souffrent d'insuffisance rénale chronique et alors que 60% d'entre eux sont traités par dialyse, seul un patient sur dix se fait dialysé à domicile. Jeudi, journée mondiale du rein est l'occasion pour les Mutualités libres de rappeler les avantages de la prise en charge à domicile. Mais la greffe de rein reste la solution de choix estime le troisième organisme assureur.
La Belgique est le deuxième pays européen, derrière l'Allemagne, en terme de prévalence de l'insuffisance rénale chronique. 11.000 patients sont répertoriés et ce chiffre devrait doubler, selon l'organisme assureur, d'ici 2025.
A l'origine de cette croissance, expliquent les Mutualités libres (ML), " le vieillissement de la population et l'augmentation du nombre de personnes à risque, à savoir celles atteintes de diabète de type 2 et de maladies cardio-vasculaires (hypertension artérielle surtout) ".
Quels constats parmi les affiliés des ML ? Tout d'abord que les quatre techniques de dialyse actuellement pratiquées sont aussi efficaces quel que soit le lieu où elles sont pratiquées. " Malgré ce constat, seule une dialyse sur dix est pratiquée à domicile en Belgique alors que ce choix améliore sensiblement la qualité de vie du patient en lui permettant d'éviter les déplacements à l'hôpital et de garder une vie presque normale.
Cela peut s'expliquer par plusieurs facteurs : patients pour lesquels une prise en charge à domicile ne convient pas, modes de financement pas adaptés pour encourager la dialyse à domicile, patients encore mal ou pas informés des avantages de ce type de dialyse ".
Non seulement la prise en charge à domicile est plus confortable mais elle est aussi moins chère, observent les ML. " Les dialyses pratiquées à domicile permettent une économie en dépenses de dialyse de 40% pour les patients et de 30% pour l'assurance maladie. Un avantage non négligeable par ces temps de rationalisation des coûts. "
Parallèlement, la greffe de rein est le meilleur traitement en termes de résultats et de confort pour le patient. " Le traitement post-transplantation est moins lourd et moins onéreux que la dialyse. Après une greffe de rein, le coût annuel moyen d'un patient pour l'assurance maladie diminue en effet de 60 à 70% sur les 3-4 ans qui suivent l'année de la transplantation ! Malgré ce constat, seuls 40% des insuffisants rénaux chroniques belges vivent avec un rein transplanté et la liste d'attente pour un don d'organe est longue (4 ans et demi en moyenne en 2012). "
D'ailleurs, " moins de 10% des reins transplantés dans notre pays en 2011 appartiennent à des donneurs vivants alors qu'en Allemagne, ce taux s'élève à plus de 25% et aux Pays-Bas, à plus de 50% ".
L'occasion pour les Mutualités Libres de plaider " pour davantage de greffes rénales à partir de donneurs vivants, ce qui implique bien entendu de lever les obstacles à la donation vivante d'organes ".
Ceux-ci sont connus : manque d'information des receveurs potentiels, de leurs proches et des donneurs qui ignorent que la donation vivante d'un rein " n'altère en rien leur espérance et leur qualité de vie " (1). A condition qu'on maintienne les droits sociaux des donneurs d'organes, soulignent les ML, qui citent le remboursement intégral des frais médicaux pré- et post-opératoires, de l'hospitalisation, et des compensations financières en cas d'arrêt de travail et de perte de revenus.
Pour terminer, les ML rappellent l'importance du dépistage précoce de l'IR et sa prise en charge tout aussi précoce. Comment ? Notamment en s'inscrivant dans un trajet de soins.
(1) Avis émis par l'Académie royale de médecine de Belgique (juillet 2012)
*Tous les chiffres sont tirés des données utilisées dans le cadre de l'étude (à paraître) sur les " Patients grands consommateurs de soins de santé des Mutualités libres ".