Médicaments contre la toux et le rhume: nouvelles mesures de protection des enfants

Le Conseil des ministres a approuvé jeudi un projet d'arrêté royal prévoyant de nouvelles mesures de protection pour les enfants amenés à consommer des médicaments contre la toux et le rhume. Prises à l'initiative de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Laurette Onkelinx, à la suite de constats émis par l'Agence des médicaments, elles entreront en vigueur le 1er mai prochain.
Les médicaments contenant de la codéine ou l'un de ses dérivés, qu'ils soient destinés à des adultes ou à des enfants, seront désormais soumis à prescription. "Ils peuvent en effet présenter un danger - direct ou indirect - lorsqu'ils sont utilisés sans surveillance d'un médecin, également en cas d'utilisation normale", selon un communiqué.
Pour éviter le risque d'ingestion accidentelle - principalement chez les enfants - et le surdosage éventuel qui en découle, le conditionnement des préparations réalisées sous forme de sirop, gouttes et spray nasal, devra être "scellé au moyen d'un bouchon de sécurité".
Les médicaments contre la toux qui contiennent les substances actives dextrométhorphane, pentoxyvérine, lévodropropizine, noscapine, clopérastine, pholcodine, codéine et ses dérivés (dihydrocodéine, éthylmorphine et thébacone) sont "contre-indiqués" pour les enfants "de moins de six ans". Pour les antitussifs, l'analyse bénéfices-risques chez les enfants de moins de 6 ans est en effet défavorable. Cela vaut également pour les médicaments à base de guaifénésine.
En ce qui concerne les décongestifs topiques nasaux qui contiennent de la phényléphrine, de l'éphédrine, de la naphazoline ou de la tramazoline, il est nécessaire que ceux-ci soient contre-indiqués chez les enfants de "moins de sept ans" parce que le rapport bénéfices-risques en dessous de cet âge n'est pas favorable.
En ce qui concerne les médicaments contre la toux et le rhume qui contiennent plusieurs substances actives, l'analyse bénéfices-risques est également négative, faute de preuve que l'efficacité de l'association de plusieurs substances est supérieure à celle de chaque substance séparée.
Enfin, vu que l'humidification nasale constitue le traitement de première ligne pour le traitement de l'obstruction nasale, le conditionnement de tous les décongestifs nasaux topiques doit mentionner la recommandation selon laquelle le nez doit d'abord être rincé au moyen d'une solution saline. Le conditionnement doit ensuite mentionner la recommandation selon laquelle le traitement ne doit pas durer plus de cinq jours. Il s'agit en effet d'un traitement symptomatique et, en cas d'utilisation prolongée, il existe des risques de tachyphylaxie et de rebound effect.