Onkelinx veut commencer par l'homéopathie
La ministre de la Santé publique espère arriver avant l'été à faire voter les arrêtés d'application de la Loi Colla qui reconnaît quatre médecines non conventionnelles. La ministre a décidé de commencer avec l'homéopathie. Celle-ci serait, selon l'interview donnée par Onkelinx au Standaard, réservée aux médecins. Toutefois, pour la suite, la ministre entend travailler main dans la main avec le Parlement. Des auditions ont commencé ce mercredi à la commission Santé publique de la Chambre.
Il y a près de 15 ans, Marcel Colla, ministre sp.a de la Santé publique, constatant sur le terrain le développement de thérapeutes parallèles, décidait de reconnaître, tout en les encadrant, quatre médecines non conventionnelles : homéopathie, chiropraxie, ostéopathie et acupuncture. La loi (du 29 avril 1999 relative aux pratiques non conventionnelles dans les domaines de l'art médical, de l'art pharmaceutique, de la kinésithérapie, de l'art infirmier et des professions paramédicales) prévoyait des chambres d'enregistrement pour chaque thérapie non conventionnelle.
Après bien des atermoiements, la loi a été votée, mais jamais appliquée.
Rudy Demotte, qui a cumulé pour la première fois les Affaires sociales et la Santé publique, aurait eu l'opportunité de la faire appliquer. Il a un temps repris le dossier, mais ne l'a pas mené jusqu'au bout
Laurette Onkelinx reprend le travail de bénédictin de ses prédécesseurs mais, chat échaudé craignant l'eau froide, a décidé de travailler main dans la main avec le Parlement.
Sur plusieurs fronts
Laurette Onkelinx agit sur plusieurs fronts.
Il faut d'une part, selon elle, éradiquer les pratiques dangereuses et/ou sectaires et mettre les charlatans hors d'état de nuire. Elle l'a rappelé au Standaard : " Certaines des théories alternatives sont dangereuses ".
Lorsque ces charlatans sont des médecins, elle entend actionner contre eux les commissions médicales provinciales. Celles-ci sont compétentes pour suspendre ou écarter les praticiens de l'Art de guérir indélicats dans l'attente d'une décision judiciaire.
Parallèlement, la ministre entend protéger le titre de psychothérapeute qui est pour le moment une des portes d'entrée au tout-venant : à peu près n'importe qui peut aujourd'hui placer une plaque " psychothérapeute " devant sa maison.
Enfin, on l'a dit, il y a l'immense chantier des quatre pratiques non conventionnelles couvertes par la Loi Colla qui n'est pas appliquée depuis près de 15 ans. Là non plus, rien n'est simple. Si l'ostéopathie conventionnelle est déjà enseignée par exemple à l'ULB et a démontré son efficacité, l'ostéopathie " magique " existe également. De même, les médecins acupuncteurs qui utilisent les aiguilles dans les règles de l'Art de guérir ne sont pas les mêmes que les acupuncteurs complètement à la masse à la recherche d'un hypothétique " coeur chinois ".
Prudente, la ministre Onkelinx a décidé de commencer par l'homéopathie. Celle-ci ne se révèle dangereuse, une nouvelle fois, que si elle est pratiquée par des thérapeutes obsessionnels. Au Standaard, Onkelinx a souligné que cette discipline ne serait exercée que par des médecins. Ce qui n'est pas une garantie absolue mais est en phase avec une série de médecins traitants qui posent d'abord un diagnostic et puis " aiguillent " le patient, le cas échéant, vers l'allopathie.
La commission de la Santé publique de la Chambre auditionnait donc, ce mercredi matin, Raf Mertens, directeur général du Centre fédéral d'expertise des soins de santé, Jacques Boniver (Académie royale de médecine), deux doyens flamands (les Prs Vanderstraeten et Goffin) et le Pr Yvon Englert, président du Collège des doyens des facultés francophones de médecine.
L'après-midi sera consacrée à l'audition de Philippe Devos, président de l'Unio Homeopathica Belgica et Hilde Van Thuyne, représentante de la Liga Homeopathica Classica.
Si ces auditions répondent aux attentes, le Jdm publiera un compte-rendu dans son édition de mardi prochain.