Les Belges ne seraient pas égaux devant l'opération de la cataracte, selon une étude

Les patients belges ne sont pas égaux devant l'opération de la cataracte, montre une étude publiée jeudi par Test-Achats et les Mutualités Socialistes. L'étude révèle des différences de coûts, des délais d'attente souvent très longs et un manque d'information. On attend avec impatience l'éclairage des ophtalmologues et des cliniques, T-A nous ayant habitué à des conclusions rapides.
L'association de défense des consommateurs a téléphoné à tous les (campus des) hôpitaux généraux de Belgique et à 42 cabinets privés et a également consulté leurs sites web. La mutualité a de son côté comparé les factures de 27.526 opérations de la cataracte réalisées en hôpital de jour et de 5.391 consultations pré- et postopératoires.
Quelque 115.000 opérations de la cataracte sont réalisées chaque année, dont environ 27.000 en hôpital de jour et 2.000 en hospitalisation classique en 2011. Les femmes en subissent plus, surtout entre 70 et 79 ans.
L'étude montre des différences de coûts entre les établissements de soins, surtout en raison des suppléments. Il y a parfois jusqu'à plus de 600 euros d'écart pour des suppléments en chambre commune et en moyenne près de 800 euros de frais en plus pour une chambre individuelle. Un hôpital de la capitale facture plus de 1.500 ? de suppléments d'honoraires. Les factures finales peuvent atteindre 2.500 ? à Bruxelles.
L'enquête révèle des délais d'attente souvent très longs avant l'opération: en moyenne 61 jours dans les hôpitaux et 29 jours dans les cabinets privés. Ce qui fait craindre à Test-Achats et aux Mutualités Socialistes un système de soins de santé à "deux vitesses". Quinze pour cent des hôpitaux planifient des rendez-vous plus de 120 jours plus tard. L'opération la plus éloignée était fixée 263 jours plus tard. Des différences régionales sont observées: 49 jours de délai moyen dans les hôpitaux en Flandre, contre 33 à Bruxelles et 88 en Wallonie. Dans cette dernière région, 50 pc des rendez-vous sont fixés plus de 90 jours plus tard. Par ailleurs, le délai d'attente pour une consultation chez un ophtalmologue conventionné dans les hôpitaux est inacceptable dans la moitié des provinces belges, estiment Test-Achats et les Mutualités Socialistes.
L'étude montre aussi que les réceptionnistes des hôpitaux constituent une source d'information peu fiable et que tant ces derniers que les cabinets privés n'ont parfois pas d'information sur le statut des ophtalmologues. Elles sont même erronées dans certains cas. Les informations sur les tarifs sont insuffisantes pour la moitié des sites web des hôpitaux avec là aussi des différences régionales. Si 34 pc des sites en Flandre informent bien les patients, 85 pc ne le font pas bien en Wallonie et 50 pc à Bruxelles. Les suppléments d'honoraires et ceux liés au type de chambre ne sont parfois pas mentionnés sur internet, surtout pour l'hospitalisation de jour.
Test-Achats et les Mutualités socialistes demandent rien moins qu'une interdiction "rapide" (sic) des suppléments d'honoraires pour les chambres communes en hospitalisation de jour, des informations sur mesure pour le patient et un intérêt des autorités face au manque d'ophtalmologues, surtout conventionnés. Les chiffres de l'Inami de 2011-2012 montrent que 55 pc n'appliquent pas les tarifs de l'Inami. Les deux organisations veulent enfin un cadre légal pour les cliniques spécialisées, concernant l'enregistrement, le contrôle et la sécurité tarifaire.
On attend avec impatience l'éclairage des ophtalmologues et des cliniques, T-A nous ayant habitués à des conclusions rapides.