Moins de mesures de la PA pour être plus efficace?
Cela peut sembler paradoxal, mais une nouvelle étude américaine de chercheurs de la Mayo Clinic suggère que la pratique actuelle de mesurer la pression artérielle lors de chaque consultation, ce qui est toujours considéré comme un must, pourrait résulter en plus de diagnostics erronés d'HTA et de traitements antihypertenseurs inutiles.
Les chercheurs soulignent d'emblée que même l'hypertension est le diagnostic le plus courant en médecine ambulatoire, l'on a peu de preuves en ce qui concerne les intervalles de dépistage de l'HTA ou à propos de la sensibilité et la spécificité d'une mesure systématique de la PA au cabinet, qui constitue en fait le test de dépistage le plus couramment effectué en pratique.
En général on mesure la pression artérielle à chaque consultation, ce qui aboutit fréquemment à des chiffres transitoirement élevés chez des adultes non connus comme hypertendus.
Les auteurs, partant de l'hypothèse que des mesures moins fréquentes, pourraient augmenter la spécificité de la démarche, tout en maintenant sa sensibilité.
Leur étude rétrospective contrôlée sur 372 adultes non hypertendus et 68 patients ayant une HTA nouvellement diagnostiquée a comparé la stratégie classique de mesure de la PA à chaque consultation à une seconde stratégie fondée sur des mesures annuelles.
La conclusion est que ce dépistage moins fréquent peut améliorer la spécificité sans sacrifier la sensibilité, en comparaison du contrôle classique à chaque consultation.
(référence : Garrison GM et Oberhelman S. Annals of Family Medicine. 2013;11:116)