KCE et Febelgen : " Pourquoi les hôpitaux boudent-ils les bio-similaires ? "
Le centre fédéral d'expertise (KCE) a examiné, à la demande de la ministre Onkelinx, les raisons pour lesquelles les médicaments biosimilaires ne percent pas dans notre pays. Deux raisons invoquées : pour les hôpitaux, ces biosimilaires ne sont pas très intéressants au niveau du rapport qualité/prix, et la méfiance persistante du corps médical, que le KCE met sur le compte d'un "manque d'information". Febelgen rejoint le KCE sur son constat.
" Les biosimilaires ", rappelle le KCE, " sont des 'quasi-copies' de médicaments biologiques, tels l'hormone de croissance, le filgrastim (G-CSF) ou l'érythropoétine, mais dont le prix est de 20 à 34 % inférieur à celui de l'original. "
Depuis quelques années, on constate que, malgré leur prix intéressant, les ventes ne décollent pas.
Laurette Onkelinx a donc demandé au KCE d'enquêter.
Conclusion du rapport du KCE : " On constate d'abord que lorsque l'on prend en compte les ristournes (jusqu'à 75 % pour certaines spécialités) et les autres avantages offerts aux hôpitaux par les fabricants des produits originaux, les biosimilaires ne sont pas concurrentiels pour les hôpitaux d'autant que le montant que l'Inami rembourse aux établissements de soins reste en effet toujours basé sur le prix officiel du produit original ", explique le KCE dans son dernier rapport (1). " On constate également que les médecins éprouvent une certaine méfiance quant à l'efficacité et la sécurité des biosimilaires, une attitude certainement liée au manque d'informations et de données cliniques. "
La fédération des sociétés de médicaments génériques et biosimilaires (FeBelGen) enjoint les autorités à instaurer un système de quotas d'utilisation des biosimilaires dans les hôpitaux. Cela étant, les ventes de biosimilaires ont du plomb dans l'aile. Selon FeBelGen, ces répliques détiennent à peine 0,1% du marché.